« Dans ce monde il y a des gens qui préfèrent la solitude, mais il n'y a personne au monde qui puisse la supporter. »
 
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 Sentir son corps se détachait du sol .PV Doux Cauchemar.

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MessageSujet: Sentir son corps se détachait du sol .PV Doux Cauchemar.   Mar 15 Mar - 20:03

  • L’Aube. C’est toujours magnifique, l’Aube. Tant que l’on n’a pas pu observer le soleil se tirer difficilement de son drap de nuit, une partie de notre être reste vide. C’est si la dernière respiration qu’il vous manquait pour être totalement vivant vous apparaissez soudain. Un moment qui n’appartient qu’à vous. Vous seul.

    Tendre Deuil venait de sortir de sa léthargie. Quand donc arriverait-il à dormir jusqu’à ce que la tanière des guerriers soit vide ? Même la patrouille de l’Aube dormait encore. Le sommeil lui manquait. Sa douleur enfouie l’empêchait de s’endormir le soir, sans qu’il s’en rende compte. Et le matin, il préférait se tirer de ses cauchemars que de revivre sans cesse le même calvaire dans les profondeurs de la nuit. Vivre une fois une telle injustice et une telle déception lui suffisait. Pourquoi le clan des étoiles lui infligeait il tant de souffrances supplémentaires ? Totalement perdu, pour un matin de plus, il sortit silencieusement de l’antre, en sillonnant entre les morceaux de chats qui dépassaient des litières de mousse. Le camp était désert, et même les oiseaux n’osaient interrompre le sommeil des guerriers par leurs chants mélodieux. Tout était calme. Le ciel était encore bleu, violet par endroits. Tendre Deuil avait tellement l’habitude de se lever avant l’astre du jour qu’il en connaissait l’heure de réveil. Celui-ci se montrerait dans environ trois quarts d’heure.

    Le guerrier tigré se sentait accablé. Le poids de chagrin accumulé à la fatigue et au sentiment de solitude le mettait dans un état qu’il ne saurait décrire. Il se sentait tremblé, bien qu’en regardant ses membres il les voyait fixes. Son ventre lui jouait des tours, et la tête lui tournait. Dieu qu’il pouvait être crédule et naïf. Comme si tous ces maux n’étaient pas dus simplement dus à sa détresse et ses pleurs. Dans les moments où on se sent perdu, où le ciel nous afflige, où la force nous manque, il ne nous reste qu’on choix. Partir. Courir. S’enfuir, pour chercher un peu d’air dans ce monde fou. Sentir le vent rabattre nos oreilles, se sentir voler, voler au dessus des herbes, voir le paysage se dissocier et se laisser emporter par l’euphorie de sa course. Et il court, il court notre chat. Il les sent, ces ailes qui lui poussent. Il ne le voit plus, ce paysage. Tout n’est plus que néant autour de lui, et seules ces quelques minutes d’adrénaline lui offrent le salut tant espéré. Enfin sa tête se vide, sa vision se brouille, et seule son existence compte. Plus rien n’a d’importance.

    Depuis combien de temps court-il ? Il n’en a cure. Il ne pense plus à cet amour perdu, cet amour déçu. Il ne pense plus à ce fourbe, cette ordure. Son esprit est clair. Alors, enfin, il peut s’arrêter. Le ciel s’est éclairci. Il n’entend que son souffle. Un bruit familier, régulier, intense, qui lui prouve qu’il est vivant. Vivant. Il a le droit de l’être, il ne demande que ça. Exister. Il s’avance, lentement. A cet endroit il n’est jamais venu. Sans doute que personne n’y est jamais venu, d’ailleurs. Il avance encore. Puis il ne peut plus. En face de lui, le vide. Il se trouve en haut d’une falaise. On en voit le fond, certes, mais il est large, ce vide. Une forêt semble s’étendre en son fond. Et en face, si loin mais pourtant si proches, des montagnes. N’est ce que l’illusion de son désespoir ou cette beauté existe-t-elle réellement ? Et après tout … si sa folie lui permet de se sentir vivant, alors qu’importe que la réalité soit bernée. Il s’avance, au bord du gouffre. Ici, le vent lui fouette le visage. Il n’aurait qu’à reculer d’un pas pour être épargné. Mais il reste là. C’est si bon. Il ferme les yeux. Comment pourrait-il faire autrement ? Même ainsi des larmes perlent à ces yeux. Il n’essaie pas des les retenir. Ce vent n’est qu’un prétexte. Il peut enfin relâcher sans pudeur toute la pression qui l’étouffe un peu plus chaque jour. Il se recule enfin. D’un seul pas. Ses joues sont humides. Mais il arrête de pleurer. Et il observe. Le soleil va enfin se lever. Des nuages blancs et épais sont entassés au sommet des montagnes. Un premier rayon apparait, baignant l’horizon d’une vive lumière dorée, apaisante. Un vol de grues passe.

    Peu à peu, à force d’observer les nuages, le soleil, les oiseaux qui volent contre le vent, il oublia son corps. C’était comme s’il était libéré de l’attraction terrestre. Il croyait voler ou flotter entre le ciel et la terre, pas plus lourd qu’un flocon de neige. […] Ses pattes, posées à plat dans la mousse, le gardaient en contact avec la planète. Sans jamais avoir entendu parler de la géographier, ni de la géologie, ni de l’astronomie, il se représentait clairement sa situation dans l’univers. Il avait l’impression de comprendre tout, comme si le voile était tombé et que la vérité éclatait enfin au grand jour.
    Il revoyait sa naissance, le chemin étroit qu’il avait dû s effrayer des les entrailles de sa mère. A chaque respiration, c’était comme s’il goutait l’air pour la première fois. Il s’entendait encore pousser un cri de nouveau-né, et ce cri répondait à tous les autres cris poussés depuis le début des temps, par toutes les générations. Qu’étaient devenus tous ces milliers de chatons ? Certains étaient morts, d’autres avaient grandi. Parmi eux, il y avait eu des guerriers, des chefs, des Légendes ; certains avaient menés des combats, d’autres avaient tremblés de peur, à genou dans la terre et la cendre de leurs tanières, priant le ciel comme des fous ou comme des poètes blessés. Toute cette vérité grouillait en Tendre Deuil avant de s’effacer devant cette évidence :
    Il lui manquait l’amour.
    Il pleura, tout seul face au vide.
    Il pleura longtemps.
    Et il pleura encore.
    Le vent séchait ses larmes au fur et à mesure.


Le morceau en italique est tiré du livre "Les larmes de l'assassin", d'Anne-Laure Bondoux. Je l'ai modifié et raccourci en circonstance; de façon à rendre plus crédible le fait que ce soit un chat qui raconte :3 Le reste est bien entendu de moi.
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MessageSujet: Re: Sentir son corps se détachait du sol .PV Doux Cauchemar.   Dim 20 Mar - 12:34

    Une grande bouffée d'air. Une violente lumière. Je venais de me réveiller en sursaut dans la tannière. J'avais cru entendre un bruit. Mais ce bruit devait être piégé dans le cauchemar incessant que je vivais, encore et encore, chaque nuit ; sans relâche il assaillait mon esprit, jusqu'au bord. Jusqu'à la fin. Jusqu'à ce que je craque. Il me hanterait toute ma vie. Le jour où j'ai vu la Mort. Le jour où j'ai sombré dans les profondeurs les plus horribles et les plus noires qui puissent exister. Depuis ce jour, ne peux pas fermer l'oeil sans que ces visions viennent me lacérer l'esprit, me déchiquetter en morceaux, me ronger de l'intérieur. Je ne suis à ce jour plus qu'une carcasse vide, d'os et de chair, tenant ensemble par la seule volonté du Clan des Etoiles. Pourquoi j'ai survécu ? Pourquoi suis-je encore là ? A respirer l'air frais du matin, à observer la lumière de l'aube baigner la Terre. Je suis ici parce que je dois faire quelque chose. Quelque chose que j'ai commencé mais pas encore fini. C'est une oeuvre inachevée. Et un jour, j'en finirais. Définitivement. Ce jour-là, soit mon âme s'envolera retrouver ses ancâtres, soit mes cauchemars cesseront. Mais tant que je n'aurai pas achevé ce que j'ai commencé il y quelque temps déjà, je survivrai, que je le veuille ou non. Je serais telle une Bipède, plongée dans ce sommeil éternel, avec toutes ces machines qui font fonctionner le coprs de l'intérieur. Je ressemblerai à ces atrocités. On ne laissera pas mon esprit s'envoler comme ça, sans rien faire. Je suis prisonnière de ce monde. J'y suis attachée. Des chaînes me retiennent. Je ne peux m'envoler.

    Mes articulations craquèrent. Mes muscles se raidirent et se contractèrent. Je me tirai de mon sommeil. Je ne voulais pas dormir à tout jamais, laissant les autres me faire battre mon coeur. Je voulais m'extirper de ces Ténèbres horribles et remonter à la surface, retrouver la lumière. Je voulais briser mes chaînes. Je le peux. Je le sais. Mais personne ne doit s'en douter. C'est pourquoi je me levai, comme tous les matins. Je ne voulais pas me rendormir. La terreur de retrouver l'accident, de le revivre et de le ressentir à nouveau dans tout mon corps me poussa à sortir de la tannière. J'avais peur. Oui. De moi-même. J'étais la seule chose qui m'effrayait. Je n'avais peur de rien d'autre. Seule moi pouvait me terrasser. Et c'était dans les sommeils que je me faisais du mal. Je voulais fuir. Me fuire. M'en aller de moi, m'arracher à mon propre corps. Et je savais exactement comment faire. Les nuits sans m'endormir avaient assez duré. Mes visions horribles m'avaient trop torturé. Je devais en finir. Pour la deuxième fois de toute ma vie, je venais d'attirer la Mort. Mais cette fois, c'était différent. Ce n'était pas elle qui venait à moi, mais bel et bien moi qui allait à elle. Des perlers vinrent m'effleurer les joues. Incolores, inodores, indolores. Indolores extérieurement, mais intérieurement, c'était comme un cyclone arrachant tout ce qui se trouve devant lui. Comme la fin du monde. La pire des Apocalypses qui auraient pu exister. Comme si le soleil explosait, comme si la lune se brisait. Mon être intérieur n'étais plus que lambeaux, morceaux éparpillés, terreur, désolation, ténèbres et bien d'autres choses encore. Un trou noir m'engloutissait. La pure haine de la vie. Et je me suis mise à courir. Seule. Perdue. Déterminée à en finir.

    Les larmes ne cessaient de couler. J'avais trop pleuré. En quelque temps, j'avais vidé toutes les larmes de mon corps, accumulées depuis bien trop longtemps. Je courais. Mes pattes s'enflamaient au fil de la distance parcourue. J'allais droit devant moi. Je savais exactement où se trouvait ma libération. Je courais à ma perte. Je courais à ma liberté. Le vent me portait, c'était ironique. Il me faisait goûter à ce que j'allais vivre après. J'allais être transportée, mes ailels alleint repousser. J'étais de plus en plus fatiguée. C'est pourquoi je décidai de marcher. Je n'avais pas besoin de me précipiter. Le soleil se levait peu à peu. Les larmes avaient séché.

    Quelqu'un était déjà là, près du vide. Suspendu par le vent. Je n'étais plus seule. On m'avait rejoint dans mes pensées. On avait vu ce que j'allais faire. Il regardait droit devant lui. Le soleil se levait. Le feu venait brûler notre Terre. Nous allions une fois de plus ous perdre dans ses flammes, nous en réfer à elles. Je m'approchai doucement, sans troubler son esprit. Je pense qu'il méritait d'être en paix, avant l'acte. Il semblait pleurer. Je ne lui en voulait pas. Il devait s'alléger pour mieux s'envoler. Je pourrais peut-être même le guider, à travers les cieux, rejoignant nos ancêtres bien lointains. Je restai à quelques longueurs de queue de lui. Je ne parlai pas. Je n'en avais pas besoin. Le soleil grimpait. Il se hissait. Et j'arrachai mes yeux à cette conteplation aveuglante. Je regardai le vide. Sombre et froid. Le vent me fouettait le visage. Je m'approchai encore plus, de manière à être parfaitement au bord du précipice. J'étais consciente qu'un simple rafale de vent pouvait me faire chuter. Mais l'adrenaline qui montait en moi surpassait toutes les peurs du monde. Je me sentais surpuissante. Je pouvais me donner la Mort à n'importe quel moment. C'était moi qui décidait. Et c'était jubilant.

    Le soleil est levé. Je regarde Tendre Deuil. Beau nom. Mais d'où vient-il ? Je ne le sais pas, et je le saurais sans doute jamais. Je n'ai plus autant envie de mourir. Je n'u plus aussi peur de moi que lors de mon réveil. Le jour levé est plus rassurant que la nuit. Dans les ténèbres de cette dernière, on croit voir se découper des ombres menaçantes. Mais c'est notre immagination qui nous joue des tours, liée à notre peur. Le silence a assez duré.

      Et c'est comme ça, au bord du vide, que nos coeurs se sont suicidés.
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MessageSujet: Re: Sentir son corps se détachait du sol .PV Doux Cauchemar.   Mar 22 Mar - 19:07


  • Ses yeux lui font mal. Mais si c’est le prix à payer pour se sentir léger et libre, alors des milliards de larmes ne pourraient l’affliger. Il imaginait ses yeux rougis par le chagrin. Cette douleur si réelle. Il se sent vivant. Pendant un instant, il a sentit sa poitrine s’ouvrir, et a vu le poids de sa souffrance communier avec le vent, partir pour ne plus revenir. Un instant seulement… Mais ce rêve n’était qu’un rêve. Elle est toujours là, cette boule qui lui broie le cœur. Parfois il se demande pourquoi il la pleure autant. Elle n’en vaut pourtant pas la peine. Mais il est si naïf. Il était si amoureux. Si sensible. Et tellement aveugle… Une partie de son être en a conscience. Mais il préfère ne pas se l’avouer. Il préfère rester bien protégé dans sa sphère de tristesse, rester sur les chemins du désespoir, de peur de se perdre dans ceux de l’ignorance et la rancœur. Il ne veut pas l’oublier. Cette hémorragie, au fond de lui, le raccroche à la Terre, lui rappelle qu’il est ici et bien vivant. Il sait pourquoi il est là, et pourquoi il reste. Il n’est pas près de partir. Il a encore toute la vie devant lui. Et s’il doit vivre jusqu’à sa mort, alors il acceptera son sort avec le sourire. Il l’aime cette douleur. C’est sa seule amie. La seule qui ne la quittera jamais. Elle est là, bien encrée. Et puis… si le monde était beau et rose… Sans péripéties. Que serait la vie ? Une rivière lisse, plate et droite n’a aucun intérêt. Sourire chaque jour sans raison mais honnêtement ne présente aucun intérêt. Chaque être vivant a besoin de sa part de drame et de tragédie pour se sentir entier. Et la part de Tendre Deuil, elle est énorme. S’il n’y avait pas cette tragédie, justement, le bonheur n’aurait aucun sens. Une fois qu’on l’a atteint, il n’y a plus rien à espérer. Mais quand on vit dans un enfer, alors on a jamais assez de foi ni d’espoir pour survivre. On en a toujours besoin. Il nous manque quelque chose. Et si ce quelque chose arrive, et que l’on est complet, alors il ne nous reste plus qu’à mourir. Attendre sagement et longuement notre dernière agonie. Tendre Deuil, il la chérie cette agonie. Sans s’en rendre compte, il l’entretient, chaque jour et chaque nuit, du poids de ses larmes. Et sans elle, il ne serait rien. Il n’a pas besoin d’être entier. Pas pour l’instant.

    Il tremble encore et saigne toujours. Il se sent bien. Une partie de son désespoir s’est envolé. Il ne tardera pas à revenir. Il est incrédule. Son esprit ne sait pas lui, qu’il a besoin de cette douleur. Soulagé. Tel est le mot qui désigne le plus son état en cet instant. Le soleil fraichement réveillé caresse son corps. Après avoir sombré dans les eaux sombres, cette douce chaleur le tire vers la surface. Il lève un peu plus la tête vers le ciel. Il aimerait rester ainsi pour l’éternité. Pour l’instant, il se contente d’une petite minute. Oh, il l’a bien entendu arriver, l’autre. Mais pourquoi faut il toujours que quelqu’un vienne le briser dans ses rêves ? Même à l’aube et dans un endroit inconnu, un bougre nous rattrape ? Ou le clan des étoiles mets tout sur son chemin pour l’empêcher de se trouver … Toujours est il que si elle ose le déranger, elle en repentira. Oui elle. C’est Doux Cauchemar. Une autre déprimée de la vie du clan. Tendre Deuil le sait. Mais il n’en sait pas plus. Il n’en a pas besoin, puisqu’il s’en fou. Il n’a pas d’amis. Les gens ne l’aiment, et il ne cherche pas spécialement à les connaitre. Tant qu’il chasse, et se bat, on ne lui en veut pas. Il se contente de connaitre le principal sur les chats, et s’en est finit. Elle s’est approchée. Elle est à un mètre de lui, à sa gauche. Tout autant au bord du vide. Il reste encore quelques instants à se délecter du soleil.

    Et c'est comme ça, au bord du vide, que nos coeurs se sont suicidés.

    Bon. Ben tant pis, pour elle, elle a parlé. Nan mais ils le voient pas les gens, qu’on a besoin simplement de son silence ? Ils sont vraiment débiles à se point < ? Ou alors c’est juste le plaisir de saouler le monde qui les ravit ? Mais bordel quoi ! Quand un clampin est seul au bord du vide et perdu dans ses pensées, on a pas idée d’aller lui casser son délire quoi ! Tendre Deuil remet sa tête droite. Il rouvre les yeux d’un coup. Il sent son cœur se refermer sur lui-même, et reprendre sa consistance habituelle. Il sent les battements s’intensifier dans sa poitrine. Son souffle qui se fait grondant. Ses griffes qui se rétractent et se sortent successivement. Et ne pouvant plus se retenir, il bondit sur ses quatre pattes et se plaque au sol en faisant sortir un grondement menaçant de sa gorge. Il se place face à elle. Le visage en face de lui ne lui inspire que la haine. Mais se sentiment ne dure qu’un instant. Ce n’est pas un fou furieux. Non, il a juste envie de lui faire comprendre qu’elle vient de le plomber pour des semaines. Ses muscles ne se détendent pas, et seul ses lèvres s’agitent.

    Qui es tu pour m’infliger ton existence ?
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MessageSujet: Re: Sentir son corps se détachait du sol .PV Doux Cauchemar.   Mer 23 Mar - 21:41

    Sa tête se replace correctement sur ses épaules. Il ouvre les yeux grands d'un coup. Comme s'il avait été mort, et que la vie lui revenait soudain, sans attendre, sans prévenir. Le prenant au dépourvu, et moi aussi. Il gronde. Ses griffes se rétractent et se rentrent successivement. Il bondit sur ses quatre pattes et se plaque au sol et grogne à nouveau, comme un petit chien-chien à sa mémère. Houlà, pas commode celui-là. Il se place face à moi, et son visage n'est que haine. Pure haine. Il hait encore plus la vie que moi. Honnêtement, je le plains. Il ne me fait pas peur, mais pitié. Sa haine, c'est pour cacher quelque chose, masquer un secret, l'enfouir au plus profondément de lui pour que personne n'y touche. Je le sais mieux que personne. Moi aussi, j'ai du cacher un jour mon sentiment de fiereté et de gloire. Parce que j'ai été salie. J'ai haï. J'ai caché ce que je ne voulais pas que les autres voient, parce que j'avais honte. Et je ne voulais pas avoir honte à nouveau. Mais cette honte s'en est allée, petit-à-petit. Elle est toujours présente, mais beaucoup plus ténue qu'avant. Il fut un temps où j'en saignais. J'en crevais. J'étais un cadavre, une marionnette. Et j'ai repris le dessus. Parce que j'ai toujours été comme ça. J'ai toujours voulu tout contrôler. Et heureusement pour moi, ça m'a réussie. Mais il y a des désaventages. A tout vouloir contrôler, on prend la grosse tête, et plus personne ne veut de soi. On est délaissé, comme si on n'avait jamais existé. On devient transparent. Notre existence s'efface, comme on essuie des larmes. Ce n'est pas bien, de vouloir tout faire, tout décider, tout savoir.

      Qui es tu pour m’infliger ton existence ?
    Je sursaute, tant je suis surprise. Je me tourne vers lui, plante mon regard dans le sien avec un reflet de désapprobation et lui répond, sur un ton tout aussi hautain que lui :

      Et t'es qui toi pour te croire supérieur et me parler comme ça ? Nan mais j'te jure ...
    Ma tête roule sur mes épaules, mes yeux s'ouvrent grand. On expression signifie "mais t'as rien pigé toi, faut tout que j'te réexplique". Mais mon air gentil et simpathique reprend le dessus, comparé au moi triste et dépressif. J'ai envie de le faire sourire. Il a l'air de souffrir, comme il n'est pas permis. Comme s'il portait le plus lourd fardeau qui n'ait jamais existé sur ses épaules. Et c'est instinctif chez moi, je n'y peux rien : j'aide les gens, je veux les aider. Sans qu'ils ne m'aient rien demandé. Sans qu'ils ne l'aient voulu. Mais la satisfaction de l'affaire réussie est bien plus grande et importante que ce que l'on peut l'immaginer. C'est comme avoir froid tout un hiver, et tout d'un coup, en plein milieu d'une tempête de neige, retrouver la chaleur cuisante et douce des rayons du soleil. C'est chaud, ça fait du bien. Ca embellit la vie.

      Et s'il te plait, déjà de un, évite de parler comme un fou hyper cultivé, et de deux, pas de speach du genre "Je suis seul et j'aime l'être" avec moi. Je sais aussi bien que toi ce que ça fait d'être à l'écart. Et tu va me dire que ouais, tu t'en fiches, que toi tu ressens rien, que bla bla bla. Mais au fond, tout au fond du fond du plus profond de toi, t'as envie qu'on pense à toi et qu'on t'admire. Ouais, je sais, je parle trop et c'est chiant. Mais compte pas te débarrasser de moi comme ça : faudra me pousser au fond du ravin pour que j'te lâche. Et même, je t'entraînerait dans ma chute et on ira ensemble rejoindre les Ancêtres.
    C'était la petite intervention de l'héroïne cachée en moi. Faut toujours qu'elle l'ouvre celle-là. Jamais là quand il le faut vraiment, mais toujours présente quand on s'y attend le moins. Je secoue ma tête, comme pour faire partir cet être superflu. Ce moi assuré, mon côté qi se veut rassurant. J'ai encore trouvé les embrouilles. Je ferme les yeux, me lève, recule d'un pas et me rassois. Je regarde à l'horizon, décidant d'ignorer Tendre Deuil. Parce que je n'ai pas spécialement envie de me faire déchiquetter, ni de courir pour éviter de me faire bousiller. Conclusion, voilà le plan : on va faire semblant qu'on l'ignore, en espérant qu'il pense que j'ai décidé que la conversation était terminée et qu'il parte. Pour assurer l'efficacité de mon plan, je tourne une fraction de seconde ma tête dans sa direction et balance un petit :

      Point final.
    Je regarde à nouveau en face de moi et décide de me laisser aller librement au monde. M'ouvrir, me laisser m'échapper. Tomber dans le vide sans vraiment m'y laisser sombrer. M'abandonner. Oublier tous mes soucis, oublier tous les soucis de Tendre Deuil, le faire oublier tous ses soucis. Si ça avait été possible, je n'aurais pas hésité une seule seconde à le faire. Mais ce monde nous permet de faire certaines choses et nous interdit d'un faire d'autre. C'est comme les yeux. Quand c'est trop petit, on ne peut pas voir. Quand c'est trop grand, on ne peut pas non plus voir. C'est ironique, parce qu'on croit pouvoir tout observer, et donc tout savoir. Mes idées me portent loin de cette Terre. Elles sont un eéchappatoire. Moi, comparé à Deuil, j'ai encore de l'espoir. C'est ce qui me permet de vivre certains moments pleinement et de sourire, pas parce que la nécessité s'en fait ressentir, mais parce que j'en ai envie. Et là, en ce moment même, j'ai envie de sourire. Pas seulement pour moi, mais aussi pour lui. Parce qu'il n'a pas l'air de savoir comment sourire. Tout en lui me dit qu'il n'a pas vu la lumière du jour depuis un certain temps. La lumière spirituelle. Celle qui nous éclaire dans nos tourments. Lui, il est seul, perdu dans ses ténèbres. Mais moi je veux l'aider. Je veux lui montrer le chemin.
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MessageSujet: Re: Sentir son corps se détachait du sol .PV Doux Cauchemar.   Dim 3 Avr - 15:04

  • Sa rage a déjà atteint son apothéose. Maintenant, le feu qui le ronge s’apaise peu à peu. Il n’est plus question de se laisser grignoter par la fureur. La bataille est terminée, chacun récupère ses morts pour s’en aller avant de reprendre l’assaut au moment opportun. Tendre Deuil se calme. Ses muscles se relâchent légèrement. Ses yeux noirs s’amincissent. Ses griffes ont repris leur place dans leur fourreau. Cependant, il ne veut pas que l’autre croit qu’il est redevenu serein. Alors il garde la position. Ça le tiraille quelque peu au niveau des pattes arrière, mais pas question de relâcher la pression. Elle ouvre la bouche. Encore.

    Et t'es qui toi pour te croire supérieur et me parler comme ça ? Nan mais j'te jure ...

    ‘Rala, vas-y’ … Comme si il se croyait supérieur. Il ne veut pas lui faire la morale, juste lui dire ce qu’il pense d’elle. Il n’en a rien à faire de sentir au dessus d’elle. Dans le genre idiote du village, elle est pas mal… Nan mais sérieux, elle croit vraiment qu’il s’intéresse à elle ? Il ne s’intéresse à personne. Rien n’a d’importance pour lui. Si elle continue avec tout son baratin ennuyeux, il va finir pas se jeter dans le vide plutôt que d’avoir à supporter ses paroles insipides.
    Et voilà qu’elle nous sort un petit air gentil tout gai. Nan elle veut du pain ou quoi ? Jamais personne ne se demande comment il va, ce dont il a envie ou ce qu’il fait. Alors pourquoi ça changerait ? Ce n’est pas elle qui va commencer à sympathiser. Personne ne sympathise avec lui. Tout le monde s’en fou. Et personne ne saura lui redonner le sourire simple et naturel. Qu’elle essaye si ça l’amuse… Mais dans son esprit tout le monde joue la comédie, les formules amicales ne sont que des marques de politesse, et quand lui parle d’amitié il a l’impression d’entendre des menaces.

    Et s'il te plait, déjà de un, évite de parler comme un fou hyper cultivé, et de deux, pas de speach du genre "Je suis seul et j'aime l'être" avec moi. Je sais aussi bien que toi ce que ça fait d'être à l'écart. Et tu va me dire que ouais, tu t'en fiches, que toi tu ressens rien, que bla bla bla. Mais au fond, tout au fond du fond du plus profond de toi, t'as envie qu'on pense à toi et qu'on t'admire. Ouais, je sais, je parle trop et c'est chiant. Mais compte pas te débarrasser de moi comme ça : faudra me pousser au fond du ravin pour que j'te lâche. Et même, je t'entraînerait dans ma chute et on ira ensemble rejoindre les Ancêtres.

    ‘Hyper cultivé ? Merci, c’est flatteur…’ Il n’est pas cultivé. Il a le niveau intellectuel d’un guerrier basique, seulement un peu plus chamboulé psychologiquement que les autres. Lorsqu’il parle, c’est instinctif. Loin de lui l’idée de se faire passer pour un sage marabout des plaines ensoleillées. ’Je suis seul et j’aime l’être, t’as vu juste’. Oui, il aime ça. Et alors, qu’est ce que ça peut lui faire ? Les gens ils en ont rien à faire de lui, alors en quoi ça les concerne qu’il aime être seul ? Nan mais il rêve ! ‘Et oui je m’en fiche, et non je ressens pas rien ! Mon âme est un typhon éternel ! Il ne contient que ça, des pensées ! Et elles sont si nombreuses qu’elles me tuent ces pensées ! Alors tu vas la boucler ?!’ En effet… il ressent trop. Cette Furie ne se taira donc jamais … A la limite il s’en fou qu’on l’admire. Et jamais depuis Sa mort il n’a eu l’espoir qu’on pense à lui. Et ce n’est pas prêt de changer. Et oui, elle parle trop et c’est très chiant. L’idée de la pousser dans le ravin est bien tentante… mais il n’a nulle envie d’en finir lui aussi. Lui, il a le courage d’affronter la vie jusqu'à ce que la mort vienne le chercher ! Il n’a pas la lâcheté d’aller lui-même la chercher ! Maintenant et jusqu’à l’heure de sa mort, il vivra, tourmenté et torturé, certes, mais il vivra.
    Nan mais il lui arrive quoi là ? Elle ferme les yeux, fait un pas en arrière. Elle regarde devant elle la tête tournée sur le côté, en l’ignorant. Qu’on nous explique l’embrouille… Il ne sais pas quel délire la frappe, mais elle mériterait une thérapie sérieuse. Elle tourne seulement un seconde la tête vers le matou, histoire de lâcher une dernière parole :

    Point final.

    Et elle repart dans sa contemplation de l’horizon. Waa. Impressionnant. Qui l’eut cru ? Mademoiselle l’ignore. Nan sur qu’elle folle est il tombée ? Il aurait pu se retrouver nez à nez avec un chaton fébrile, un courageux guerrier ou encore une belle guérisseuse, mais il a fallu que ce soit cette imbécile dérangée qui vienne le voir… Il ne pouvait pas mieux tombé. Loin de lui à présent l’idée la trucider, il veut juste s’enfuir en courent de peur que cette lépreuse du cerveau ne l’atteigne.
    Il s’assoit à son tour.

    Asseyez-vous, et expliquez tout vos problèmes. Allez-y, je vous en prie. Je ne pourrais pas t’aider, mais quand tu repartiras tu auras l’impression que j’ai accompli le miracle de te guérir. Nan, sérieusement, c’est quoi ton délire là. Tu as une maladie de déficience cérébrale, ou t’es simplement simplette ? Parce que t’as l’air pathétique, sans vouloir te vexer.

    C’est sorti tout seul. C’est la première fois depuis un mois et 21 jours qu’il parle aussi longtemps. Il se sent presque vidé de ses forces. Enfin, il croit. Ça lui demande tant d’efforts de parler à quelqu’un d’autre que lui. C’est vraiment dur d’être sociable. Raison de plus pour ne pas l’être.
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MessageSujet: Re: Sentir son corps se détachait du sol .PV Doux Cauchemar.   Mar 5 Avr - 16:51

    Il sort un magnifique barratin que je ne peux m'empêcher d'admirer.

      Asseyez-vous, et expliquez tout vos problèmes. Allez-y, je vous en prie. Je ne pourrais pas t’aider, mais quand tu repartiras tu auras l’impression que j’ai accompli le miracle de te guérir. Nan, sérieusement, c’est quoi ton délire là. Tu as une maladie de déficience cérébrale, ou t’es simplement simplette ? Parce que t’as l’air pathétique, sans vouloir te vexer.

    Mes yeux grossissent, je tourne la tête vers lui, attend deux ou trois secondes et explose de rire par terre. Je me roule dans tous les sens, les larmes me montant aux yeux. Attendez de savoir pourquoi. Mon souffle s'échappe par bouffées, mon ventre me fait mal. J'avale la poussière et je la rechrache, à moitié en toussant et l'autre en me marrant. J'en ai des crampes aux joues. Une joie immense me parcours, de la pointe des moustaches jusqu'au bout de la queue. Mon corps est envahi de cette sensation qui fait qu'on a l'impression d'avoir chaud. Vous savez, quand vous rigolez, quand vous avez l'impression que vous allez vous étouffer dans deux secondes tant vous riez. C'est ça que je ressens, que je vis. Je me dis que je ris tellement que même du camp on aurait pu m'entendre. C'est un fou rire magistral. Mais un fou rire qui en vaut la peine.La folie se calme petit-à-petit. Je reprends peu à peu mon souffle. L'air me revient. Il commençait à me manquer. Je me redresse sur mes pattes encore tremblantes et toujours avec ce mal de ventre bénéfique. Mon poil est sale et je prends conscience que je me tiens tout au bord du ravin, à quelques milimètres de la mort ... ce qui me fait aussitôt retomber dans le rire fou et le bruit incessant de mes cordes vocales en action. Mais cette fois, je prends garde à ne pas rire trop près du vide. Je ne tiens pas spécialement à mourir d'un fou rire. N'empêche, ça serait quand même vachement ironique. Mourir de rire. Au sens propre du terme. Bref, passons toutes ces idées concernant les expressions. Je me calme calme à nouveau, progressivement. Il est marrant celui-là. Un sourire géant sur la face, je m'adresse au comique :

      Nan, j'ressemble quand même pas à ça ! En tout cas, je trouve que tu le fais vachement bien. Non, j'ai pas de maladie particulière et j'préfère encore être une simplette que d'être bouchée du cul comme toi. Quand à l'air pathétique, t'es encore moins bien placé que moi pour parler de ça. C'est toi qui fait le plus pitié de nous deux, avec ton air de bouché antisocial.

    Je me marre encore un petit coup et prend un air hyper sérieux.

      A moi maintenant. Bonjour, je suis Gugus Leboulet et je présente un cas de maladie rare qui me donne l'impression d'être le meilleur, le plus beau, le plus intello et le plus méchant du monde. Je me prends pour un Bad-Cat mais j'ai peur des, coccinelles et des papillons.
      Nan mais sérieuse, arrête tes onneries deux secondes. J'ai déjà vu bien pire dans ton genre. T'es pas mauvais au fond. La preuve : t'essaye de me faire marrer, c'est déjà ça. Et merci, d'ailleurs. J'ai jamais eu un fou rire comme ça. Vas-y, recommence.

    Big smile de la mort qui tue. J'attends de voir ce qu'il va me répondre. C'est pas qu'il corresponde à la description que j'ai donnée de lui, mais il a quelques ressemblances avec Gugus Leboulet, je trouve. Et même si il m'aime pas, j'aime bien son humour. Bref. Ca promet, tout ça ...
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MessageSujet: Re: Sentir son corps se détachait du sol .PV Doux Cauchemar.   Ven 22 Avr - 17:55

    Mon Dieu, la voilà qui se roule par Terre. Tendre Deuil finira par sauter dans le vide pour ne plus l'entendre ... Sur quelle folle est il tombé ... vraiment, le hasard entraîne bien des malheurs. Il aurait partir vers l'ouest en se réveillant. Loin vers les collines, seul perdu dans l'immensité de la nature. Oui. Il n'aurait pas eu à croiser cette étrange énergumène entre les hauts pins. Et celle là d'ailleurs ... Qu'est ce qu'elle fou là ? Il n'y a que notre matou pour s'exiler à 5 heures du matin pour observer le lever du soleil. A croire que non. Enfin, en tout cas il n'est pas le seul à ses lever à 5 heures du matin. Mais, vraiment, pourquoi est elle venue ici ? Elle doit vraiment être handicapée pour rire et se rouler au sol si près du vide. A moins qu'elle le veuille. Qu'elle joue avec sa mort, qu'elle la désire. Non, elle n'a pas besoin de mourir. Son rire est la preuve que sa place compte toujours dans le monde. Car chaque éclat de bonne humeur y a sa place, dans notre Monde. Il y a trop de désespoir et de tristesse pour laisser partir un Être qui sait encore rire. Lui par contre ... ça fait longtemps qu'il ne rit plus. Qu'il n'a plus envie et qu'il n'y parvint plus. Pourtant, Lui, il ne songe pas à la mort. Il aurait des raisons, certes. Mais dans quelle printemps, son malheur se sera estompé et il aura peut-être une chance de vivre en paix, alors il ne regrettera d'être resté à observé le vide plutôt qu'à s'y jeter. Oui, Il est très bien où il est. Sky' s'est enfin éloignée du vide. Preuve qu'elle n'a pas d'une boule de poil dans le ciboulot. Et vas-y que je te tape le gros smile des beaux jours, en mode je passe mon baptême d'apprentie ce soir:

    Nan, j'ressemble quand même pas à ça ! En tout cas, je trouve que tu le fais vachement bien. Non, j'ai pas de maladie particulière et j'préfère encore être une simplette que d'être bouchée du cul comme toi. Quand à l'air pathétique, t'es encore moins bien placé que moi pour parler de ça. C'est toi qui fait le plus pitié de nous deux, avec ton air de bouché antisocial.

    Gros, énorme choc culturel. La scène ressemble à peu près à ça, s'il possible de la dessiner:
    Spoiler:
     
    Oh Moi, grand Sage et narrateur omniprésent, je vous fait dont de ce magnifique dessin schématique de la situation. Maintenant si vous voulez bien, revenons à nos moutons. Elle parle vraiment comme une paysanne Elle ! On lui a jamais appris les bonnes manières ? Elle reprend son air sérieux et enchaîne:

    A moi maintenant. Bonjour, je suis Gugus Leboulet et je présente un cas de maladie rare qui me donne l'impression d'être le meilleur, le plus beau, le plus intello et le plus méchant du monde. Je me prends pour un Bad-Cat mais j'ai peur des, coccinelles et des papillons.
    Nan mais sérieuse, arrête tes onneries deux secondes. J'ai déjà vu bien pire dans ton genre. T'es pas mauvais au fond. La preuve : t'essaye de me faire marrer, c'est déjà ça. Et merci, d'ailleurs. J'ai jamais eu un fou rire comme ça. Vas-y, recommence.

    Là, c'est le most. Notre Matou est tout raide, et il se retourne, les yeux exhorbités, les pattes toutes droites, et s'en va lentement, en soulevant ses membres comme un automate. On entendrait un crissement de rouille que ça n'étonnerait personne. Je vous épargne le dessin. Elle lui fait vraiment peur ... Il s'éloigne le plus vite qu'il peut, ce qui se résume à lentement. Il prie pour qu'elle ne le suive pas. Il veut simplement échapper à cette folle, psychopathe et antipathique chatte. Et ça, ça appartient au clan du Lion ? Non, vraiment, là, il ne tient plus. Soudain, un oiseau lui passe furtivement sous le nez. S'en est trop, il hurle et part en courant.

    La Honte totale. Il a interêt à courir vite, sinon elle le rattrapera et se fichera de lui.
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MessageSujet: Re: Sentir son corps se détachait du sol .PV Doux Cauchemar.   Mer 27 Avr - 11:53

    Tendre deuil se raidit. Je le vois à vue d'oeil. Ehm, chut, sub-conscient. Bref. Il est tout dur quoi ! Oh, mon dieu, NON ! PAS CA ! Ne me dites pas qu'il va ... avoir une crise cardiaque ? Ah, nan. Il aurait eu hyper mal à la poitrine. Or, là, il est juste tout raide, tout dur, tout droit. Mais si ça se trouve ... il a juste envie de péter ! Je vais pas lui demander, ça risquerait de lui faire encore plus peur. Ouais, prions pour que ce soit juste ça : un bon gros pet qui pue hyper vachement beaucoup. C'est bien mieux qu'une crise cardiaque. Bon, si il largue la bombe, j'vais devoir décamper vite fait.
    Ses yeux semblent vouloir s'échapper de leurs orbites. Il doit vachement souffrir. Encore une histoire de gaz. Faut pas sous-estimer les gaz hein ! Ca peut être dangereux des fois, comme maintenant. Tendre Deuil tourne la tête. Il doit avoir honte. J'allais lui dire qu'il pouvait se lâcher, que c'était naturel, mais il se met à marcher. Bizarrelent. Jambes tendues. Robocop. Matrix. Nono le petit robot. Bref, vous aurez compris. Ca doit tourner fort dans son bid pour qu'il en arrive à marcher comme ça. Il s'écarte de moi. Il s'en va. Heureusement, je tiens aps spécialement à mourir asphyxiée à cause du plus gros pet de chat du siècle, voire du millénaire. La forêt va crever. Alerte.
    Un oiseau passe sous le nez du matou. Là, il fait quelque chose à laquelle je ne m'attendais absolument pas du tout. Il se met à hurler et part en courant. Plus comme un robot cette fois-ci. Moi, grande débile que je suis, je ne trouve rien d'autre à faire que d'exploser de rire à nouveau. Je me roule dans la poussière, mon ventre me fait mal. Vous savez, quand vous rigolez, quand vous avez l'impression que vous allez vous étouffer dans deux secondes tant vous riez. C'est ça que je ressens, que je vis. Je me dis que je ris tellement que même du camp on aurait pu m'entendre. C'est un fou rire magistral. Mais un fou rire qui en vaut vraiment la peine. Encore plus que tout-à-l'heure. La folie pure. Je suis dans un autre état. Dès qu'une volée de rires se termine, une autre recommence. Je crois que je vais en mourir. De rire. Il me faut du temps pour me calmer. Et quand je reprends mes esprits, j'entends encore un cri au loin. Je ne sais pas si c'est mes oreilles qui me jouent des tours, mais j'ai l'impression que "Deuillounet" est toujours en train d'hurler.
    Bon, calmons-nous. Je me relève et m'élance à la poursuite du mâle. Il n'est plus dans mon champ de vision, mais sa trace est très facile à suivre. Des marques au sol, et son odeur plus que récente. Je me mets donc à courir, aussi vite que je peux, pour le rattraper. Pourquoi il est parti comme ça ? En fait, je crois que je lui ai fait peur. Moi qui voulais me faire des amis ... youpi, c'est gagné. Au bout d'un certain temps, je crois le voir au loin. J'accélère le pas, bien que je sois fatiguée. Je lui hurle de loin :

      J'suis désolée ! Je voulais pas, crois-moi ! J'suis désolée de t'avoir "infligé mon existence". T'as même le droit d'me mettre un coup si tu veux. mais s'il te plait, arrêtes-toi.

    Je riais intérieurement. J'avais encore l'image de la fuite bruyante en tête. Mais j'essayais de rester calme. Il avait l'air d'avoir souffert. Et je ne supporte pas de rien pouvoir faire pour aider les autres à se soulager du poids qui pèse sur leurs épaules. Alors j'ai simplement espéré, tout en lui courant toujours après, qu'il allait s'arrêter. J'était fatiguée, et c'était la seule chose que je pouvais faire.




|| Pathétique --" ||
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MessageSujet: Re: Sentir son corps se détachait du sol .PV Doux Cauchemar.   Mer 27 Avr - 17:20

    « Et je cours, comme si ma vie en dépendait. Au pire, si elle se moque de moi, je dirais que je le faisais exprès, pour l’amuser, puisqu’elle est repartie dans un fou rire … »

    On l’entend d’ici, le rire de cette folle. Il n’aurait pas du fuir, il le sait. D’ailleurs, il ne sait pas ce qu’il lui a pris. Il s’est sentit léger, d’un seul coup, comme si des ailes lui poussaient. Et l’envie de s’enfuir est venue toute seule. Ce qu’il ne sait pas, notre Tendre, c’est que cette envie qui lui a pris … ce n’était pas de la folie. C’était de la joie, et l’envie de la partager avec l’Autre. Mais il a oublié ce que c’est que la joie. Et il a oublié ce que c’est que l’Amour. Il a tellement aimé et pardonné quand il était plus jeune … Et il s’accroche tellement au passé, à ses sentiments d’autrefois, qu’il en oublie les sensations de bonheur que l’on éprouve lorsqu’on partage du temps avec quelqu’un. Le clan des Etoiles espère une seule chose pour lui : qu’il trace un trait sur son ancienne vie, et qu’enfin, il vive au présent, et savoure chaque instant. Ils doivent s’en mordre les doigts, Là-Haut, de le voir fuir la joie ainsi.

    J'suis désolée ! Je voulais pas, crois-moi ! J'suis désolée de t'avoir "infligé mon existence". T'as même le droit d'me mettre un coup si tu veux. Mais s'il te plait, arrêtes-toi.

    Alors elle l’a suivi … Elle ne rit pas de lui … Elle s’excuse … Elle est sincère ! Tendre Deuil a beau être à 100 mètres d’elle, il l’a entendu. Il s’arrête, et même un peu trop vivement, si bien qu’il tombe en arrière. Le choc de la chute lui remet les idées en place. Pourquoi a-t-il fuit ? Pourquoi ? C’était pourtant simple de rester là-bas, et de rire de la bêtise de cette autre … Dolce. Oui, il n’est qu’un parfait idiot. C’est pourtant elle qui devrait le fuir maintenant. Le haïr, le maudire, le ridiculiser. Alors pourquoi s’excuse t-elle ? C’est incompréhensible. Il essaie d’arrêter de trop penser. C’est dur, croyez moi. Il a l’air d’un chaton, sur le dos, les pattes repliées sur le poitrail, le regard hébété. Un chaton à faire fondre un grincheux Ancien. Mais il a aussi l’air d’un imbécile heureux, un grand naïf, à ne pas comprendre ce qui se passe autour de lui. Il peut se montrer très stupide parfois … Il prie pour qu’elle reste ou elle est, pour qu’elle n’approche pas … Sauf que si il a compris une chose, c’est bien celle là : Doux Cauchemar n’en fait qu’à sa tête, et ne manquera sûrement pas de venir ici. Damned. Il garde la position, bien confortablement installé, en priant tout de même. L’espoir fait vivre, mes amis.


| Je t'aide à te sentir moins pathétique comme ça xD |
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MessageSujet: Re: Sentir son corps se détachait du sol .PV Doux Cauchemar.   Ven 29 Avr - 12:23

    Je vis au loin la masse sombre qui représentait le corps de Tendre Deuil freiner sec. Tellement sec qu'il en est tombé à la renverse. J'ai sauté sur l'occasion. J'ai un peu ralenti l'allume, mais le matou pouvait repartir à n'importe quel moment, c'est pourquoi j'ai quand même continué de courir vite en sa direction. D'ailleurs, il m'était difficile d’imaginer qu'il se soit vraiment, réellement arrêté. C'est vrai quoi. Il y avait quelques minutes à peine, il semblait me détester, me haïr jusqu'au plus profond de son être. Il ne m'aurait écoutée pour absolument rien au monde. Et là, je ne lui avais demandé qu'une seule fois de s'arrêter et il avait obéi, presque docilement. Je me demandais pourquoi. Plus j'y réfléchissais, parce que oui, j'arrivais à réfléchir en courant, exceptionnellement, plus je me disais que sa décision avait été prise suite à ma fabuleuse phrase "T'as même le droit d'me mettre un coup si tu veux." Soudain, la perspective de courir vers lui comme si nous nous retrouvions pour la première fois depuis des années ne me parut pas si géniale. Je ralentis légèrement l'allure, mais j'étais déterminée à avoir une petite conversation avec ce drôle de félin.
    J'étais à quelques pas de lui, maintenant. Il était allongé sur le dos, les pattes repliées sur le poitrail. Je me suis mise à marcher tout en prenant de grandes bouffées d'air. J'en avais besoin. J'étais crevée, vidée de mes forces. J'ai tourné autour du matou, afin de me mettre de façon à ce que nos têtes soient dans le même sens. Et là, j'ai craqué. On aurait dit un tout petit chaton. Allongé comme ça, sans bouger. Mon visage s'est inintentionnellement transformé. Mes yeux étaient grands ouverts comme s'ils contemplaient le plus mignon chaton au monde, et un sourire béat s'étalait de long en large sur ma face. J'avais envie de lui faire des gazouillis sur le ventre, mais je me suis abstenue. Je suis restée comme ça quelques secondes, penchée au dessus de lui et de sa mignonne petite bouille. J'ai mis un certain temps à me rendre compte que c'était au dessus de Tendre Deuil que je me tenais, et qu'il n'avait plus rien d'un mignon petit chaton. Il était devenu un grand chat fort et puissant. Il ne fallait pas que je l'oublie. Je me suis assise près de lui et j'ai pris un visage doux et inoffensif, mais je ne souriais pas. Je ne voulais pas sourire face à lui. Parce que sa tristesse me faisait de la peine. Parce qu'au fond, il cachait sa tristesse derrière des remparts. Après mon accident, moi aussi j'étais comme ça. Je ne sais que trop bien comment s'y prendre. On se fait passer pour un dur, on fait comme si rien ne nous touchait. Mais au fond, un moindre mot peut nous blesser, un moindre geste peut nous briser.
    Le mâle me faisait penser à un rêve, en fait. Il était agressif, comme un cauchemar. On se sentait mal en sa présence. Mais j'étais sure qu'il pouvait être doux, doux et gentil. Comme un rêve. Plus je cherchais à connaître le guerrier, plus il semblait me fuir. Encore une fois, c'était exactement comme un rêve. Vous savez, le sentiment que vous ressentez quand vous réveillez le matin, quand vous savez que vous avez fait un rêve mais que vous ne savez pas de quoi il parlait et que vous voulez savoir. Vous cherchez, encore et encore, parce que vous ne supportez pas de ne pas savoir. Et plus vous cherchez les détails, ce qui s'est passé, plus vous oubliez. C'est quelque chose qui nous échappe, même si on met toutes ses forces pour le retrouver. Je reste comme ça, sans rien dire. Je garde le silence. Je refait le silence. Celui que j'ai brisé tout à l'heure. Ce silence qui nous faisait du bien à tous les deux. S'il veut parler, alors il parlera. Mais moi, je ne ferai pas la même erreur une seconde fois. J'ai compris que c'était lui qui menait la danse. C'était lui qui donnait le signal. Alors j'exécutais les ordres, je suivais.
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Sentir son corps se détachait du sol .PV Doux Cauchemar.

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