« Dans ce monde il y a des gens qui préfèrent la solitude, mais il n'y a personne au monde qui puisse la supporter. »
 
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 Nos rangs nous éloignent mais nos sentiments nous rapprochent-ils ? |. Pv GNOUROWSE. ♥

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MessageSujet: Nos rangs nous éloignent mais nos sentiments nous rapprochent-ils ? |. Pv GNOUROWSE. ♥   Jeu 4 Juil - 11:11

Nos rangs nous éloignent mais nos sentiments nous rapprochent-ils ?

Le soleil malicieux s'amuse sur mon visagcomme un chaton innocent. Joueur, il parcourt les traits de ma figure comme s'il voulait les redessiner. Réveillée par cette luminosité trop grande je cligne des yeux avant lenteur. L'esprit encore embrumé, je dévoile mes iris bleu nuit au monde extérieur. La lumière traverse les branches qui constituent le toit de notre antre. La tête lourde de sommeil je regarde autour de moi. La plupart des guerriers sont déjà sortis mais quelques lève tard sont encore pelotonné dans leur nid, comme moi. Contre mon flanc, je sens la respiration régulière de Larme de Cristal. Je me redresse et constate qu'elle dort encore. Prenant garde à ne pas la déranger, je me lève et, avant de me mettre complètement debout, tends mes longues pattes  en avant, afin de m'étirer convenablement. Pétrissant le sol moussu de mes griffes acérés, je laisse mon corps endormis de réveiller à son rythme. Une fois à l'aise, je m'assois sur ma couche et entame une toilette complète, léchant une patte la passant ensuite derrière mon oreille. Ce n'est qu'une fois que je me sentis suffisamment propre que je me dirige vers la sortie, d'un pas léger évitant de marcher sur un corps en plein sommeil.

Lorsque je franchis l'ouverture, la lumière du jour me fait plisser les paupières. Elle est encore plus intense que dans l'antre. Levant les yeux vers le ciel, je constate que celui-ci est d'un bleu profond, sans le moindre nuage blanc. Une belle journée en somme. Il fait beau, mais pas trop chaud, si bien que le gibier est abondant. Les relations entre les clans sont au beau fixe, sans la moindre trace d'ombre. Du moins c'est ce qui parait. Une journée parfaite en somme, qui s'annonce pour le mieux. M'approchant d'un pas souple vers la pile de gibier, mes pattes foulant l'herbe tendre je me choisis un campagnol au pelage fauve avant d'aller m'allonger près des autres guerriers pour manger ma pièce de viande. J'écoute distraitement les conversations des autres chasseurs qui parlent de tout et de rien, de la vie dans le Camp, de la Saison des Feuilles Vertes. Ils ne s'adresse pas à moi alors je me tais. Même si mon arrivée au camp revient à longtemps, certains n'ont toujours pas oublié que je ne suis pas née ici. J'aperçois ma soeur sortir du camp, suivant son mentor. Elle ne m'a même pas adressé un regard, m'ignorant royalement. J'ai remarqué qu'elle m'ignore en ce moment, mais je ne sais pourquoi. Pourquoi renie-t-elle sa propre soeur ? Cela faisait plus d'une lune mais ça me fait toujours aussi mal. Mon cœur se serre douloureusement, et brusquement je me sens affreusement seule.

Me sentant mal, je me lève et sors du camp. Moi qui avait décidé de ne plus me laisser aller à la tristesse, belle résolution. Comme elle est dure à tenir. Je laisse mes pas m'éloigner du camp, décidant de m'occuper l'esprit en chassant. Après tout, cela ne fera pas de mal au Clan et je pourrai ainsi m'occuper l'esprit. En marchant, à l'affut des effluves estivaux, je me retrouve en face de la pierre où je viens souvent regarder les étoiles. Toute la tristesse que j'ai tenté d'enfouir refait surface, comme une énorme claque. Soudain, l'envie irrépressible d'y sauter pour me morfondre sur mon propre sort me prend. Je secoue violemment la tête, luttant contre moi même. Je m'éloigne, forçant mon corps à ne pas reproduire les gestes habituels. Je dois tenir, je dois me battre, je dois me reprendre. Je veux me reprendre. J'ai eu tellement de mal à ne pas fondre en larme ces derniers jours, à éviter de penser à lui, à le séquestrer dans une partie lointaine de mon être, je dois maintenant garder la tête hors de l'eau pour mon bien à moi. Il est temps d'arrêter de se laisser mourir et de recommencer à vivre. Car je veux vivre et pas survivre.

Une grive et un campagnol enterré au pied du Grand Saule, je décide d'aller plus loin. Après tout, j'ai toute la journée pour m'occuper de ravitailler mon Clan, n'étant retenue par aucune patrouille, aucun apprenti. La liberté totale, celle dont j'avais tant rêvé perchée, sur ma clôture. Et j'y goutais enfin, après plusieurs saisons d'errance. Je me dirige là où bon me semble, m'arrêtant régulièrement pour sentir les alentours. Après un long moment de marche qui me permet d'attraper une souris dodue, j'arrive aux Trois Chênes. Perchées, en hauteur au somment de la combe qui les abritent une foule de souvenirs gardés prisonnier par cette cuvée me reviennent en mémoire. Des moments de rencontre d'apprentis, de jours heureux et de joies d'enfants. Pourquoi me suis-je laissée submerger par le désespoir ? Plus jamais au grand jamais.

Retournant à la chasse, j'ouvre la bouche pour me percevoir les senteurs de la forêt. Une odeur entêtante d'écureuil m'attire comme un aimant. Silencieuse, tapie au sol, le ventre rasant l'herbe, les yeux grands ouverts et la pupille réduit à une mince fente je m'avance. L'instinct animal en moi, la machine à tuer se met en marche. Les arbres deviennent de plus en plus rare. Je m'éloigne des arbres des assemblées à la poursuite de la proie. Après quelques minutes de mi course dans les fourrés je l'aperçois, entre deux racines. Il ne m'a pas encore remarqué, trop occuper à renifler un tronc de peuplier. Soudain, le vent change de sens. Je me fige, guettant une réaction. L'animal roux se redresse renifle l'air à son tour, et se tourne vers moi. Dissimulée par les fougères il ne peut pas me voir. Mais il va détaler, je vois ses muscles se tendre. Saisissant ma chance, je bondis et atterrit à une queue de souris de lui. J'ai à peine touché le sol qu'il s'élance à toute vitesse, sa queue en panache battant l'air derrière lui. Quand je me réceptionne je me propulse à sa poursuite, serpentant entre les arbres, dérapant sur le sol parfois glissant. Il court vite, le rongeur. Plus petit que moi, il se faufile dans des endroits difficilement praticable. Je commence à m’essouffler, j'ai de plus en plus de mal à suivre. Mais j'y suis presque, la distance se réduit à vu d’œil. Me ramassant sur moi même, je bondis les pattes tendues en avant, les griffes sorties essayant de l'atteindre. Dans cette course poursuite, ma seule erreur aura été de ne pas faire attention aux changements d'odeur dû à la grande distance parcourue.

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MessageSujet: Re: Nos rangs nous éloignent mais nos sentiments nous rapprochent-ils ? |. Pv GNOUROWSE. ♥   Lun 12 Aoû - 0:14

Hope and memory.
privé un kroko féminin.


L
e temps passe. Lentement. Surement. Implacable. Le temps passe, pendant que moi, je trépasse. Au sens littéral. Mais comme je ne suis qu'une simple féline, je ne sais ce que veut dire le mot "littéral". Mais je l'emploie. :ahah 8D:
Le temps est sensé s'écouler à la même vitesse que le nôtre. Pourtant ce n'est pas l'impression que j'ai. Je le sens sur mon pelage, mon visage et jusqu'à la moindre parcelle de mon corps. Je le sens, qui est là et qui m'échappe. Je n'arrive plus à le rattraper, à rattraper le temps perdu. Toute ma vie durant j'ai couru après lui, espérant naïvement pouvoir le rattraper, m'accrocher à lui et voir même le devancer. Mon corps est lourd, ma tête dodeline dangereusement. Je n'arrive plus à tenir ce rythme que j'ai tenu des lunes durant, sans faiblir. Tout mon être crie sa faiblesse, mais je ne l'écoute pas. Qu'aurais-je à y gagner, si ce n'est de m'enfoncer plus encore dans cette sombre abîme ? Je ne vois plus la fin, pas même que j'en aperçois le début. Tout me semble infini. L'éternité me happe sans que je ne puisse rien y faire. Je ne sais plus quoi penser.

Mes yeux papillonnèrent un instant, puis se refermèrent. Le manège se répéta plusieurs fois avant que je ne pu les ouvrir complètement. Une lumière crue m'assaillis immédiatement. Je plissai les yeux, découvrant, presque bouche bée, l'endroit dans lequel je m'étais réveillée. Ce qui avait été il y a quelques heures encore ne l'était plus maintenant. Un chaos indescriptible régnait en maître dans ma tanière. Celle-ci, faite à la hâte avec des branchages, des feuilles et des ronces pour consolider l'ensemble était en très bon état comparé à son intérieur. Il m'était impossible de dire ce qu'il avait bien pu se passer mais une certitude grandissait en moi : j'en étais responsable. Comme si un énorme coup de vent était passé par là et qu'un engin inconnu avait retourné entièrement le sol, l'herbe avait été presque arrachée de la terre et celle-ci était retournée à quelques endroits. Étant la seule à pouvoir être ici en permanence, j'en conclus que j'étais celle qui avait fait ça ; mais les raisons m'échappaient encore. Craignant des maux de têtes que je sentis poindre, je décidai de faire un détour chez le guérisseur avant toute chose. J'essayai juste avant de redonner un peu plus d'allure à mon antre, de peur que la découverte en effraie quelques-uns - ce que j'aurai compris aisément, me posant moi-même des questions. Ma sortie s'accompagna des salutations et de brefs hochements de têtes, auxquels je répondis poliment, mon statut impliquant ça.

Chant du Dragon me conseilla de ne pas trop en faire aujourd'hui, ou je devrai faire avec un mal de crâne qui persisterait. Il me donna quelques graines qui furent vite avalées. Je ne voulais surtout pas qu'il me pose des questions sur les raisons de mon état. C'est sur un "merci" qui résonna dans le silence que je quittai les lieux, avertissant seulement un ou deux guerriers de ma sortie.

À nouveau, la forêt s'étendait à perte de vue devant moi. Je la regardai, espérant qu'elle pourrait mettre un baume sur mon cœur à vif. Et pourtant ... Quelques pas et j'y étais. Elle me semblait immense et sans fin. Tout d'un coup, je me rendis compte de ma vulnérabilité, surtout maintenant. Même si la forêt de CerfBlanc appartenait aux Clans, qu'étions-nous pour pouvoir nous en dire être les maîtres ? De simples félins, unifiés par un fort désir de survivre. Ici, maintenant, je n'étais qu'une chatte seule et ordinaire. Un arbre pouvait tomber et facilement m'entraîner avec lui ... Un craquement me fis sursauter. Et voilà que je me perdais à nouveau dans ces sombres pensées ! Inconsciemment, je me mis à marcher, à déambuler dans la forêt. Comme s'il n'avait fallu que cela, mes souvenirs affluèrent aux portes de mon esprit avec une telle violence que je me demandai s'il était possible que cela soit vrai sans une intervention ancestrale. Certaine que j'y trouverai les réponses, je les fis défiler devant mes yeux grands ouverts tout en continuant de marcher au travers du bois. Une petite voix me susurra, mesquine, que si j'avais fait en sorte que j'oublie momentanément ces souvenirs, ce n'était pas inconsciemment et que leur découverte se ferait non sans dommage.

J'ignorai s'il était possible d'occulter autant de réminiscences que ça, mais cela suffit pour me faire frissonner. Dire que cela s'était passé il y avait à peine quelques jours ... Je me souvenais de l'étrangeté de la rencontre, celle entre deux chefs de clans adverses. De ma colère devant la témérité teintée de courage d'Etoile du Tyran. De mon abandon face à des sensations contradictoires. Et de mon retour ... En étais-je arrivée à une telle extrémité ? De rage, j'avais déversé toute ma colère et ma frustration sur ma tanière, de la manière dont je connaissais maintenant le résultat ... J'avais dû errer un peu partout, les jours suivants, ne me rendant pas compte que mon état létal pourrait certainement inquiéter le clan. Je me souvenais très bien du sentiment d'impuissance qui m'avait étreignis le cœur durant les heures suivantes. Et que je commençai à ressentir à nouveau. Je secouai vigoureusement la tête. Ca ne me servirait à rien de ressasser tout ça, si ce n'est de faire remonter tous les sentiments les plus contradictoires en moi. Je n'en avais absolument pas besoin. Néanmoins, je me posai des questions. Le chef du Lion était-il sérieux lorsqu'il m'avait proposé son aide ? Et si oui, que comptait-il faire ? La proposition était bien trop alléchante pour que je puisse m'y résoudre. Une part de moi souhaitait seulement accorder une confiance aveugle en ses paroles et l'autre, plus rationnelle, ne les traitaient que de folie pure. Croire. Un seul mot qui pouvait décider de tout l'avenir du clan sur lequel j'avais la garde. Croire. Je ne demandai que ça. Croire aveuglement en ses paroles, et de ce fait en sa personne. Malheureusement, j'étais la seule à pouvoir décider. La seule sur qui reposait cette décision cruciale. Et mes épaules me semblaient encore trop faibles pour pouvoir porter une telle charge. Mais le destin en avait décidé autrement et avait forcé le temps à perdre son emprise sur moi.

Sans m'en être rendu compte, j'étais de retour aux Trois Chênes, lieu de cette rencontre si particulière. Mes pas m'avaient guidé ici sans que j'en eus conscience. D'ailleurs, je commençai à penser que beaucoup de choses se déroulaient et se décidaient sans que l'on ait notre mot à dire. Et je n'avais pas idée que cette certitude allait devenir le credo de ma vie future.

Rien n'avait changé, comme si le temps ici n'avait pas de prise bien qu'il ne s'était passé seulement que quelques jours. Même si ce n'était pas l'aurore comme lors de ma dernière venue et que le soleil était maintenant à son zénith, l'impression que je ressentis était la même. L'air saturé des effluves de fleurs et de pollen parcourait sans problème son chemin, ébouriffant au passage mon pelage tigré. Je plissai les yeux. Le soleil m'éblouissant, je ne pouvais pas bien voir le fond de la vaste clairière. Nous étions en plein dans la saison des feuilles vertes. Cette période était de loin la plus chaude que l'on connaissait d'entre les trois autres, sauf parfois celle des feuilles mortes où le soleil revenait chauffer la forêt pendant quelques temps encore. Aujourd'hui, le ciel était encore une fois d'un magnifique bleu azur, rivalisant avec la clarté des eaux des ruisseaux printaniers. Une tempête de ciel bleu, comme je me plaisais à dire il y avait longtemps. L'herbe aussi se ballottait tranquillement au gré de la brise. Tout semblait bercé par le lent mouvement du vent. Moi aussi, j'aurai aimé pouvoir me laisser aller dans le vent, la conscience tranquille. Pouvoir partir sans l'ombre d'un remord ... Je me forçai à dévier mon regard. Plus lunatique que ça, ce n'était pas possible ! J'allai finir par y croire, à force de penser pareillement ! D'un revers de la queue, je chassai tout ça. C'était peut-être l'endroit mais certes pas le moment.

Ce vent qui m'avait paru si paisible il y a quelques instants me le sembla beaucoup moins sur le coup. L'odeur et le fumet mélangé qu'il apporta ne fit que me conforter à l'idée que rien ne se passe jamais comme on le souhaiterait. Pour une rare fois depuis des lunes, je me retrouvai enfin. Etoile d'Epines, telle que j'étais plus de quatre saisons auparavant. Prudente, car non rassurée de devoir à nouveau affronter un membre du second clan adverse au mien, c'est-à-dire le clan du Léopard, je me mis face au vent, essayant de repérer la direction d'où l'effluve venait. Il ne me fut pas difficile de le savoir, celle-ci venant simplement dans ma direction, un tout petit peu plus à gauche. Étant dans un lieu décrété terre libre, de plus que protégé par une trêve effective que lors des pleines lunes, je ne pouvais pas faire n'importe quoi. Pourtant, les dernières lunes de débauche eurent raison de mes gestes. J'attendis presque avec impatience. Rapidement, je vis venir une chatte assez menue, pour ne pas dire frêle, au pelage immaculé, courir après un petit rongeur roux. À peine avais-je le temps d'esquisser un mouvement que la voilà qui se ramassait sur elle-même. Elle allait bondir. Ses muscles qui se tendirent étaient perceptibles sous sa peau. La détente est bonne, ne pus-je m'empêcher de penser. Percevant l'arrivée, je m'étais à demi cachée dans un petit buisson à la fragrance peu assez forte pour masquer la mienne. De toute façon, mon but n'était pas de me cacher et de lui sauter à la gorge après. L'instant d'après, la chatte tenait entre ses griffes son précieux butin.

J'ignorai si elle m'avait décelé, mais je ne voyais pas d'intérêt à taire ma présence plus longtemps. Avec lenteur, je sorti du buisson. Je ne voulais pas l'effrayer, au contraire. Par contre, il m'était impossible de dire si mon air que je soupçonnais être légèrement hagard ne le serait pas, pas plus que mon poil ébouriffé, que je n'avais pas pris la peine le matin de toiletter. Éclairée par le soleil de midi, je découvris la teneur de ses yeux. Ils étaient sombres, teintés d'une tristesse que j'avais aperçue chez bien peu de chats auparavant. Dans ma tête, la peur de voir ressurgir la noirceur de mes sentiments me força à ériger une barrière contre tout ce qui pourrait s'y apparenter. J'avais déjà suffisamment donné, révélant mes véritables sentiments à un ennemi quelques jours avant. Je ne souhaitai pas que ce qui allait suivre devienne une conversation où l'on s'apitoierait chacune sur son sort. C'est donc sans peine que je pu sourire à la chatte du Léopard avec légèreté, ce qui ne m'était pas arrivé depuis fort longtemps ...

- Je suis heureuse que tu aies attrapé ta proie. Je n'aurai pensé que ton clan dissimulait de pareils chasseurs.

Ma voix, que j'espérai complaisante, chevrota un instant. C'était loin, le temps où j'utilisais ce ton que les chatons aimaient tant. J'inclinai la tête sur le côté, signe de mon incrédulité.

- Excuse-moi de t'avoir observé.

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MessageSujet: Re: Nos rangs nous éloignent mais nos sentiments nous rapprochent-ils ? |. Pv GNOUROWSE. ♥   Dim 18 Aoû - 12:26

CARESSE DE LUNE
« Comment as-tu pu finir comme moi ? »

Je vois son pelage flamboyant se rapprocher de plus en plus. Enivrée par la vitesse, par l'odeur du gibier, par mon instinct qui gronde la tête me tourne. Pourtant je garde mon esprit et mon regard fixé sur ma proie sans m'accorder un instant de répit. Ouvrant la gueule pour prévoir ne pas perdre du temps à la réception je sens la tension qui monte au fur et à mesure que je m'approche. J'ai l'impression de vivre ça au ralentit, que chaque seconde prend des années. Pourtant c'est en quelques dixièmes à peine que je plante mes griffes blanches dans les côtes de l'animal. Me retrouvant sur lui j'enfonce mes crocs dans sa nuque que je prise d'un coup sec. Voilà il est mort. Le laissant au sol quelques secondes je reste immobile le temps de reprendre mon souffle. Mes côtes se creusent tant je suis essoufflée. J'ai toujours su que les écureuils couraient vites mais celui là c'était impressionnant. Et encore j'ai eu de la chance qu'il ne grimpe pas dans un arbre. Une fois perché sur une branche je n'aurai eu plus aucune chance. C'est que c'est dur à attraper ces bêtes là.

Quand les palpitations de mon coeur se calment et que ma respiration reprend un rythme régulier je me redresse et parcourt les alentours du regard. Je me rends compte avec surprise que nous avons parcouru un très grande distance et que les trois chênes sont tout de même assez loin derrière nous. D'abord un peu dérouté je me demande où je suis. Ce recoin de la forêt m'est totalement inconnu. Et pour cause. Quand mes sens retrouvent leurs facultés complètes je perçois l'odeur ancienne du Clan du Tigre. Ouvrant la gueule pour mieux sentir je remarque que, bien qu'elle soit éparse et très ancienne, elle est partout. Oups, la frontière. N'ayant pas délibérément choisi de traquer une proie sur leur territoire je ne suis pas réellement en faute. Cet écureuil venait des trois chênes. N'empêche que si on me trouve ici je risque de gros ennuis. Comme si j'avais besoin de ça en plus. Soudain une lumière s'allume dans mon esprit. Ils ne sont plus là. Nuage sans Couleur m'avait bien dit que le Clan du Tigre avait été chassé de ses terres par les bipèdes. Alors avec un peu de chance on ne remarquera rien.

Les buissons s'agitent derrière moi. Le coeur battant la chamade je me retourne le poil légèrement hérissé. Respirant à nouveau l'air ambiant je perçois l'effluve d'un chat, un seul. Et du Clan qui possède ces territoires malheureusement pour moi. L'allure de la femelle qui se présente devant moi est des plus atypiques. Son pelage et brun, légèrement tigré par endroit. Ébouriffée et mal soigné il donne l'impression qu'elle vient de se battre contre un blaireau à elle toute seule. Je parcours son corps du regard pendant quelques secondes puis je rencontre ses yeux. D'une magnifique couleur, comparables à l'or en fusion ils sont chargés de sentiments que je connais bien. Une grande tristesse, de abattement tout cela recouvert par un voile de souffrance. On dirait qu'elle est perdu. Aussi perdu que moi je l'étais. Pourtant tout ça ne dure qu'un instant avant qu'elle ne presse un masque sur son visage. Un masque d'indifférence et de banalité. Toutes ces lueurs disparaissent de son regard ce qui, selon moi, lui donne un air encore plus triste. Cependant je fais de même. Pour apprendre à se maitriser, à canaliser nos émotions il faut du temps. Et surtout il faut arriver à un point où si on les montre on met notre survie en danger. On ne l'apprend pas toujours comme on le souhaite. Et la plus part du temps, les sentiments que l'on dissimule sont la haine ou, dans le plus souvent des cas, la tristesse et le désespoir. Mais elle me sourit. Un instant je m'interroge, me serais-je trompé ? Non je ne pense pas. Enfin allez savoir.

« - Je suis heureuse que tu aies attrapé ta proie. Je n'aurai pensé que ton clan dissimulait de pareils chasseurs. »

Je lui souris, touchée par ce compliment. Il est rare que les guerriers de clans rivaux se fassent des compliments. En général ils se contentent de se cracher à la figure. C'est la première fois que j'entends ceci de la part d'un inconnu. Les seuls guerriers du clan du Tigre sont Nuage dans Couleur, mon meilleur ami et Solstice d'Eté ma soeur. Et puis ... voir un guerrier me dire ça c'est comme un vague de chaleur. Elle me complimente sur mes talents de chasse. Au début j'étais persuadée de ne pas en avoir parce que j'étais chatte domestique il y a longtemps. Mais je me rappelle des entrainements avec Plume de Sureau et de ses nombreux compliments. J'avais fini par comprendre que je parviendrai peut être à m'en sortir parmi les autres. Mais qu'elle dise qu'elle était étonnée que je chasse aussi bien, c'était une première. Et mon sourire s’agrandit encore plus.

« - Excuse-moi de t'avoir observé. »

Sa voix est chevrotante et sa tête est inclinée sur le côté. Je cligne des yeux puis réponds d'une voix simple, ni agressive ni mélancolique, une voix aux pointes chantantes, je lui répondis avec la voix que j'avais il y a longtemps :

« - Venant de la part d'un membre du Clan du Tigre un tel compliment me fais très plaisir. Et ne t'inquiète pas, cela ne me gêne pas que tu m'aies observée. »

J'essaye de mettre un nom sur son visage. Je connais quelques guerriers mais pas tous. Me perdant dans mes pensées je cherche les sourcils froncés de concentration. Je regarde derrière elle, comme si je ne la voyais pas. Mais j'ai beau cherché je ne sais pas. Pourtant j'ai l'impression de l'avoir déjà vu quelques fois. Tout d'un coup ça me reviens. Les rares fois où je l'ai vue c'est perché sur le Grand Rocher aux Trois Chênes, en train de s'adresser à toute une assemblée de félins, son pelage baigné par le clair de lune. Mes yeux s'arrondissent de surprise et d'étonnement. Bon sang qu'est ce qu'elle fait ici, et surtout dans cet état ?

« - Tu .... tu es Etoile d'Epines c'est ça ? »

| Tu tiens vraiment à ce que mon rp fasse tout petit à côté du tien ? Tu veux me rendre ridicule hein c'est ça ? Avoue ! D8 |

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MessageSujet: Re: Nos rangs nous éloignent mais nos sentiments nous rapprochent-ils ? |. Pv GNOUROWSE. ♥   Sam 31 Aoû - 19:52



Les yeux, dit-on, sont le reflet de l'âme. J'aimerai le croire, et parfois l'ignorer. L'ignorance est l'une des grandes qualités que possèdent les jeunes chatons. C'est cette ignorance et cette naïveté que plus tard, nous aurions aimer garder. Que plus tard, lorsque nous avons perdus notre bonheur enfantin, et que nous sommes l'un des piliers de la forêt, nous aimerions retrouver. Mais comment ? Tant de félins ont cherchés une réponse qui soit satisfaisante à cette question, mais jamais encore quelqu'un ne l'a trouvé. Et je fais moi aussi partie de ces chercheurs.

Je fixai, la tête penchée sur le côté, la jeune guerrière qui se tenait devant moi. Ses yeux, un instant, reflétèrent ce qu'elle ne voulait pas montrer, ce qu'elle voulait cacher. Cette image me renvoya à la mienne. Elle aussi souhaitait que personne ne découvre ce qui se cachait derrière son masque. Finalement, nous étions toutes les deux pareilles ...

Venant de la part d'un membre du Clan du Tigre un tel compliment me fais très plaisir. Et ne t'inquiète pas, cela ne me gêne pas que tu m'aies observée.

Son sourire était tout ce qu'il y avait de plus sincère. Sa voix était elle aussi un peu hésitante, et je ne pus retenir un petit hochement de tête. Je sentais que plus cette conversation avancerait, et plus je découvrirai des choses qui nous étaient à toutes deux communes.
Elle me fixait, arcades sourcilières froncées et visage étonnement concentrée. Elle semblait en pleine réflexion mais la façon dont elle me fixait ne m'en dit guère plus. Je devrai attendre qu'elle ait fini pensais-je. Alors, pour passer le temps, je laissa quelques instant mon esprit vagabonder au gré du vent et des souvenirs. Et ceux-ci ne se firent pas prier pour revenir me hanter, me faisant rappeler ma curieuse rencontre ... Plus j'y réfléchissais et moins j'arrivais à lui trouver un sens. Pourtant il me semblait que j'y avais déjà pensé mainte et mainte fois, sans toutefois parvenir à une conclusion. Je fouettai l'air de ma queue, agacée. Je commençai à en avoir plus que marre.

Tu .... tu es Etoile d'Epines c'est ça ?

Cette fois-ci, je ne pus retenir une moue amusée. Alors c'était donc vers ça que ses pensées s'étaient tournées ? Étais-je finalement si connue que cela ? Mes soucis d'il y avait à peine quelques secondes disparurent comme neige au soleil. Etoile d'Epines était-elle connue en tant que chef du Clan du Tigre ? Je me le demandai. Quelle image pouvait-elle bien avoir de moi, actuellement ? Là, maintenant, j'aurai bien aimé le savoir ...

Eh oui ...

Mais je ne pu aller plus loin. Les mots restèrent bloqués au fond de ma gorge. Je déglutis, mal-à-l'aise. Je ne comptais pas dévoiler mes faiblesse devant une guerrière d'une clan ennemie, que je venais à peine de rencontrer. Mes canines se découvrirent dans un sourire contrit. Après tout, les mots dissimulent plus qu'ils ne dévoilent ...

Drôle de coïncidence qu'une chef de l'un des quatre clans en soit réduite à cela n'est-ce pas ? Mais ne parlons pas de choses qui fâchent, comment va Etoile de Fumée ?

Ma question l'a décontenancerait certainement mais j'étais plus que curieuse de connaître l'état de ce grand chef. Je me souvenais encore de l'annonce que je lui avais faite à la dernière assemblée à laquelle mon clan avait participé. Lui qui n'avait été guère surpris par ce que je lui avais appris, comme s'il savait déjà tout ça bien avant que je le lui dise ... Et puis cela faisait maintenant plus de trois saisons que nous n'habitions plus dans notre camp, et que je ne m'étais pas enquis des  nouvelles des autres clans. Je n'y avais guère pensé ces dernières lunes, n'étant pas mon principal sujet de préoccupation.

Et si cela n'est pas trop indiscret venant de moi, comment se porte ton clan ? soudain, je m'arrêta en plein mouvement. Pardonne mon impolitesse, je ne t'ai pas demandé ton nom ! Bien que j'ai participé à bon nombre d'assemblées, je n'arrive pas toujours à mémoriser les noms, disais-je avec un demi-sourire. À moins que ...

Les souvenirs de la dernière assemblée jaillirent. Je passai en revue tout ce que à quoi j'avais assisté à ce moment-là, avant de tomber sur les quelques paroles qu'avait prononcé Etoile de Fumée.

Si je ne me trompe pas, tu es bien Nuage de Lune ? Ou devrais-je dire que tu es passée guerrière depuis ce temps ?

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MessageSujet: Re: Nos rangs nous éloignent mais nos sentiments nous rapprochent-ils ? |. Pv GNOUROWSE. ♥   Lun 21 Oct - 12:55

Son visage se change en une moue amusée. Un peu gênée je me demande ce qu'elle peut bien penser. Je n'ai pas l'habitude de parler avec les meneurs des Clans, encore moi avec ceux des autres Clans. Bien que je porte à Etoile de Fumée une admiration béate je sens toujours, quand il s'approche de moi, une peur panique. Je ne suis qu'une modeste chatte domestique que sa seule bonté a permis de devenir quelqu'un. Il n'a rien à me dire, il ne me doit rien. S'il doit parler à quelqu'un ce serait à un guerrier né dans ses rangs. C'est moi qui lui doit tout, tout ce que je suis et tout ce que je pourrais devenir. Si le simple fait d'échanger quelque mot avec mon chef m'intimide, parler ainsi de manière si peu distante avec la meneuse du Clan du Tigre m'angoisse réellement. Bien qu'elle n'ait plus rien de la fière guerrière que j'ai aperçu sur le Grand Rocher le pelage rendu argenté par le clair de lune, elle n'en reste pas moins la femelle la plus importante de la forêt.

« - Eh oui ... »

J'ai bien raison, mon intuition et ma mémoire ne m'ont pas fait défaut. Je l'entends déglutir péniblement. Elle sourit, d'une manière qui me semble un peu trop forcée. Elle reste silencieuse quelques secondes, elle doit sans aucun doute choisir ses mots. Après tout ne suis-je pas censée être une ennemie ? J'attends, immobile, comme figée dans la pierre.

« - Drôle de coïncidence qu'une chef de l'un des quatre clans en soit réduite à cela n'est-ce pas ? Mais ne parlons pas de choses qui fâchent, comment va Etoile de Fumée ? »

Qu'elle demande des nouvelles de mon chef me laissait un peu interdite. Voilà longtemps que le Clan du Tigre n'assistait plus aux assemblées alors il pouvait sembler normal qu'elle s'intéresse au meneur du Clan. De plus si elle doit connaître quelqu'un chez nous c'est bien lui. Je la vois mal demander comment se porte Nuage de Vigne par exemple. Mon coeur se serre un bref instant et je me demande pourquoi j'ai pensé à ma soeur et pas à quelqu'un d'autre. Retenant un soupir et réprimant mon envie de baisser la tête je ne laisse rien paraître du désarroi qui me m'étreint. C'est encore trop douloureux pour y penser.

« - Et si cela n'est pas trop indiscret venant de moi, comment se porte ton clan ? Elle s'arrête en plein mouvement. Pardonne mon impolitesse, je ne t'ai pas demandé ton nom ! Bien que j'ai participé à bon nombre d'assemblées, je n'arrive pas toujours à mémoriser les noms, dit-elle avec un demi-sourire. À moins que ... »

Elle se perd à nouveau dans ses réflexions. Je ne m'attends pas à ce qu'elle se souvienne de moi. Je n'étais à l'époque qu'une simple novice assistant à sa première assemblée, excitée par la vie sauvage qu'elle découvrait à peine. Je souris malgré moi en pensant à la joie intense que j'avais ressentie à mes débuts dans la forêt tâché par la lourde solitude que j'avais enduré pendant une lune. Une lune seulement. Après s'étaient enchainées les rencontres enivrante plus ou moins agréable et les relations plus ou moins intense. Cette fois je ne peux retenir un éclat de tristesse et de regret dans mes yeux. Je me retiens d'en laisser paraître plus. Je laisse cet lumière briller une seconde trop lasse, avant de l'éteindre aussi vite qu'il était apparu.

« - Si je ne me trompe pas, tu es bien Nuage de Lune ? Ou devrais-je dire que tu es passée guerrière depuis ce temps ? »

Mes yeux s'agrandissent et j'ai du mal à garder à garder la gueule fermée. L'étonnement qui me saisit est total. C'est ... impossible. Comme cette si grande chatte, meneuse, peut se souvenir de mon humble personne. Une certaine fierté me gonfle le poitrail mais je la chasse vite. Ce n'est pas grâce à mes piètres et inexistants exploits qu'elle connait mon nom, simplement parce qu'elle a une excellente mémoire. Comme à chaque fois que je dois expliquer que je suis guerrière je souris. Entendre mon ancien nom me fait toujours frémir. Il représente une partie de mon existante brillante, éclatante et ensuite plus sombre. Il est une partie de moi à laquelle j'ai renoncé, une innocence qui n'est plus mienne, une insouciance qu'on m'a violemment arrachée. Mais c'est aussi des souvenirs douloureux d'être perdus, chéris et disparus, de parties de jeux et d'éclats de rire dans la tanière des novices, de repas partagés devant notre antre et surtout d'entrainement en compagnie de Plume de Sureau. A l'évocation mentale de mon mentor mon coeur éclate de tendresse et de reconnaissance. Elle est un peu ma mère, mon modèle, celle qui m'a permis de devenir la guerrière que je suis. C'est donc tout cela à la fois ce nom ? Une période que je croyais oubliée mais qui est encore là, présente en moi. Ce simple nom me représentait autrefois. Nuage de Lune. Celle que j'étais.

« - Oui c'est bien moi, répondis-je un ronron amusé dans la voix. Je suis très étonnée que tu te souviennes de moi, je n'étais à l'époque d'une simple apprentie. Désormais je me nomme Caresse de Lune et je suis effectivement devenue une guerrière. »

Je marque une pause en réfléchissant aux informations que je peux lui confier sur mon clan, mon chef, mes camarades. Je ne dois pas laisser voir quelconque faiblesse même si les miens se portent tous à merveille en ce moment. Il ne faut jamais oublier que derrière ces politesses peuvent se cacher des envies de guerre où je ne sais quoi. Il est dur de savoir si le chat qui se tient devant vous est sincère ou non. Nous sommes tous ennemis, rivaux, inconnus. Il faut garder à l'esprit que demain, nous pourrions nous croiser sur le champ de bataille pour défendre nos clans, ce qui rend toute amitié impossible. Et pourtant ... Ne me suis-je pas attachée de manière très profonde à Nuage sans Couleur et ne suis-je pas liée par les liens du sang à Solstice d'Eté ? Comment les attaquer, comme leur faire le moindre mal ? Rien que d'y penser j'en ai la nausée.

« - Mon clan, et Etoile de Fumée se portent tous deux à merveilles. Grâce à la saison, le gibier est abondant alors nous profitons de ce répit avant le retour inévitable de la mauvaise saison. »

J'hésite à poser la question qui me brûle les lèvres. En réalité il y en a plusieurs mais demander des nouvelles de mes amis serait suicidaire. Alors je vais devoir me contenter du clan entier. Enfin si elle accepte de me donner quelques informations.

« - Et comment se porte ton clan ? Voilà longtemps que nous ne vous avons plus vu aux assemblées. J'espère qu'il n'est rien arrivé de grave. »

Bien évidemment je sais ce qui leur est arrivé. Mais elle n'est pas censée l'apprendre.

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MessageSujet: Re: Nos rangs nous éloignent mais nos sentiments nous rapprochent-ils ? |. Pv GNOUROWSE. ♥   Dim 2 Fév - 19:53

Une fois encore, chacune de nous sombre dans un abîme sombre et froid. La lumière n'est jamais parvenue jusque-là. Cela se ressent. L'air est glacial et il est difficile de respirer. Mon esprit est dans une sorte de torpeur dont je n'arrive pas à me défaire. C'est une douce et délicate torpeur. Elle est agréable. Elle est chaleureuse. Mais je ne comprends pas l'étrange brouillard qu'il y règne. Il fait froid et pourtant, je dirai que je me sens presque à l'aise. Sans problème ni soucis. Comme s'ils avaient tous disparus au contact de cette douceur. C'est agréable, je me répète. Je ne cesse plus de me le répéter maintenant. Mon esprit est là, simplement, et il ne pense qu'à ce mot. Moi aussi. J'aime ce mot, son sens, sa prononciation, comment il coule lentement dans mon esprit, dans mon corps et dans mon cœur. Je n'arrive plus à penser. Tout est agréable.

Encore une fois, l'étonnement qui naît dans ses yeux m'arrache une nouvelle fois une moue amusée. Je ne peux m'en empêcher. Je me rappelai assez bien de la dernière assemblée à laquelle j'avais participé et à laquelle Etoile de Fumée avait prononcé le nom de Nuage de Lune. Je me souvenais alors que les regards de tous s'étaient portés sur une seule chatte. Nuage de Lune, à l'époque ... Comme je regrettais cette époque. Ça avait été une belle époque. Certes, Etoile d'Ambre avait disparue à cette période mais finalement, et contrairement à tout ce que j'avais vécu jusque-là, je regrettais vraiment ces beaux jours. Parce que bien que nous ayons subi une lourde perte, nous avions toujours notre camp intact, et les bipèdes étaient loin, bien loin de nos esprits à ce moment-là.
Mais le temps que je pensai à tout cela, la mimique surprise de la jeune guerrière qui était devant moi avait disparu. C'était de nouveau une jeune chatte souriante qui me regardait.

« Oui c'est bien moi, répondit-elle avec un ronron amusé. Je suis très étonnée que tu te souviennes de moi, je n'étais à l'époque d'une simple apprentie. Désormais je me nomme Caresse de Lune et je suis effectivement devenue une guerrière. »

Caresse de Lune. C'était un très beau nom. Et qui lui convenait à merveille. Du moins sur ce que j'avais pu juger d'elle. Mais Caresse de Lune cachait aussi, je m'en étais rendue compte, la même tristesse que je cherchai moi-aussi à cacher aux yeux des autres. Pour cela, nous nous ressemblions pas, nous étions pareilles. Et dans un élan de bonté que je ne me connaissais pas, surtout maintenant, je me mis à éprouver une vive sympathie pour cette chatte. Pour toutes les choses que nous avions en commun.

« Mon clan, et Etoile de Fumée se portent tous deux à merveilles. Grâce à la saison, le gibier est abondant alors nous profitons de ce répit avant le retour inévitable de la mauvaise saison. »

Cette fois-ci, mon visage n'afficha ni sourire ni joie. Je ne savais que dire, que penser. Tout s'embrouillait dans mon esprit, et la petite information que venait de me donner Caresse de Lune m'assaillis de toute part. Ma tête fourmillait, et mes efforts pour ne pas paraître troublée, je n'arrivai pas à savoir s'il servait à quelque chose. Mais ce qui venait de se produire, il m'était totalement impossible de le comprendre. Pourquoi, aussi soudainement, avais-je eu cette réaction ? Je ne comprenais pas. Je ne comprenais pas. Je n'avais posé qu'une simple question et voilà que la réponse me faisait tant d'effets. Décidément, rien ne tourne rond en ce moment ... Je sentais que tout se bousculait, et je n'avais pas réponse à ça. Alors, du mieux que je le pu, j'essayai de cacher mon agacement derrière un pâle sourire, lui aussi contrit. J'espérai au moins que la jeune guerrière ne m’en tiendrai pas rigueur parce que je me voyais assez mal lui expliquer clairement ce qu'il venait de se passer. Dans un soupir, je baissai les yeux. C’était à peine si j’arrivai à contrôler mes émotions et mes impulsions. Soudain, dans un éclair, une scène me revit en mémoire. Je me revoyais telle que j’étais en ce moment mais quelques jours auparavant, lorsque j’avais fait pour la première fois la connaissance d’Etoile du Tyran. La conversation s’était engagée presque d’elle-même, sans que l’un ou l’autre ne s’attende à quelque chose en particulier. Pourtant, elle avait été l’une des plus étranges que j’avais eues. Mais seule une scène particulière me revenait : lorsque, ayant laissée place à mes impulsions les plus primaires, je lui avais sauté dessus.

Lorsque je revins à la chatte du Léopard, elle semblait hésiter et ne pas avoir remarqué mon absence d’un moment. Fort heureusement d’ailleurs. Mais la cause de son hésitation me préoccupait. J’avais pas mal de chance de savoir ce qu’il allait en être. Et si s’était le cas, que pourrais-je bien y répondre ? Parce que durant tout de temps où je m’étais repliée sur moi-même, je n’avais pas une seule fois pensée aux deux autres clans. Tout ce qui nous était arrivé m’avait semblait tellement surréaliste qu’il en était devenu mon quotidien. La douce vie que je coulais autrefois n’existait plus.

Et voilà. Caresse de Lune venait de poser cette question que je redoutais tant. Je l’avais écoutée d’une oreille sourde, espérant ainsi y échapper. Mais l’intonation qu’elle y avait mise rendait la tâche difficile. Voir quasi impossible. Une pointe d’inquiétude. C’est cette inquiétude qui me fit tourner les yeux vers elle. Finalement, j’optais pour le mensonge. Je ne pouvais pas lui dire ce qu’il était advenu de mon clan.

« Le—mon clan se porte bien. Nous avons eu quelques petits problèmes avec l’arrivée de bipèdes sur notre territoire mais cela semble s’être calmé. La forêt a enfin été regagnée par le gibier. C’est à cause des bipèdes que nous n’avons pas pu venir aux précédentes assemblées. Mais la prochaine verra le clan du Tigre, tu peux être certaine que nous serons là. »

Niveau mensonge, je ne pouvais guère faire mieux. Je doutai que Caresse de Lune puisse y croire, mais c’était tout ce que j’avais pu trouver de mieux pour l’instant. Je ne pouvais me permettre de lui dévoiler qu’une horde de monstres avaient dévastés nos terres il y avait de cela presque trois saisons. Bien qu’il m’était impossible d’imaginer Etoile de Fumée profiter de cette occasion pour nous envahir, je ne pouvais en aucun cas m’y résoudre.

J’aurai tant aimé pouvoir faire part de mes doutes et de mes angoisses à quelqu’un. Pas à un félin qui les partageraient lui-aussi. Mais à quelqu’un de neutre, qui ne m’aurait pas jugé par mes actes. Quelqu’un qui m’aurait simplement écouté, sans interruption. Sans même un regard. Je ne demandais juste qu’à n’être écoutée …

Malgré tout ce que mes méninges pouvaient réfléchir, je n'arrivai pas à trouver un sujet digne de conversation avec la chatte du Léopard. Encore une fois, j'étais complètement démunie face à elle. Que devais-je dire ? Devais-je attendre qu'elle me réponde avant ça ? Dans ma tête foisonnait un nombre considérable de mots, tous différents les uns des autres. Et pourtant, lorsque je croyais avoir réussi à en attraper un, il me filait entre les pattes et repartait dans cette mélasse. Impossible, pensais-je.

« Je n'ai plus qu'à attendre on dirait bien, dis-je d'une voix que j'espérai inaudible. »

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MessageSujet: Re: Nos rangs nous éloignent mais nos sentiments nous rapprochent-ils ? |. Pv GNOUROWSE. ♥   Mer 14 Mai - 21:47


Une touche de lumière vint se poser sur mon pelage. J'ouvris doucement les yeux. Le soleil était tout juste levé. Je n'étais pas du genre à roupiller toute la matinée. En sortant de la tanière où j'avais passé la nuit, je me rendis compte que je n'étais pas la seule à être matinale. Ma compagne de nuit était déjà levée. En effet, Fleur de Vanille mangeait une souris en compagnie de Petite Feuille. En voyant les deux Guérisseuses côte à côte, je me dis qu'avoir été Guérisseuse avait ses avantages. Ces deux-là étaient amies de leur vivant. Mourir ne les avait pas séparées. Je m'approchai d'elle et ronronna en les saluant. J'attrapai un campagnol que je ne tardai pas à dévorer. Je n'avais pas le temps de chasser ce matin. La Mission qui m'avait été confiée par les Sages m'obligeait à aller dans le monde des vivants ce matin. J'aurais pu repousser cette visite, mais je préférai le faire assez tôt. De plus, Etoile d'Epines était de sortie. C'était le moment idéal pour l'aborder. Elle ne semblait pas seule, mais tant pis. Je laissai donc mes deux amies à leur discussion et sortis du Camp. Un vent doux vint se mêler à mon pelage et je fermai un instant les yeux pour ronronner. Cela fait, je partis pour le monde des Vivants. Mes pas me portèrent vers les Trois Chênes. Je n'étais pas loin de la Ferme de Gerboise et je ne pus m'empêcher de frissonner. Je n'aimais pas ce lieu, je haïssais ce lieu, j'exécrais ce lieu. C'est à cet endroit, entre les arbres, que j'avais trouvé la mort. C'était par là, que j'avais rejoint le Clan des Etoiles, bien des Saisons auparavant. Je me souvenais bien de Chant des Roches. C'était lui qui était venu me chercher. Je me souviens que lorsque j'avais vu son pelage gris, que je l'avais reconnu, je m'étais résignée. Je savais bien que ma question était idiote, mais je n'avais pu m'empêcher de lui demander de confirmer ma mort. Je n'arrivais pas à l'accepter, à y croire. Ça avait été si soudain! Je n'avais même pas eu le temps de combattre, je n'avais pas eu le temps de voir la mort arriver. Je m'arrêtai un instant et devant mes yeux un éclair d'ivoire jaillit. J'étais de nouveau plongée dans ce souvenir. C'était une chose qui ne pourrait jamais disparaître de mon être. Cet éclat étincelant venant de derrière. Cette douleur qui te transperce le corps et le coeur. Les larmes qui te montent aux yeux et qui s'écoulent sans que tu ne puisses les retenir. Le goût du sang entre tes crocs. L'odeur du sang qui s'écoule, se mêlant à l'odeur des feuilles mortes. Une respiration qui se fait des plus difficiles et la longue agonie qui suit. Je ne suis pas morte sur le coup, je n'ai pas rien senti. Je suis morte seule dans la douleur. Je n'ai même pas pu pousser un cri, je n'ai pu murmurer qu'une phrase qui s'est perdu dans le vent de la Saison des Feuilles Mortes. Seule. Il faut que je me reprenne !! Je ne suis pas ici pour me souvenir, mais pour accomplir quelque chose. Je me détachai donc de ce lieu hanté par mes souvenirs et me dirigeai vers les voix que j'entendais. Etoile d'Epines et... Caresse de Lune, je crois. Je ronronnai doucement et m'approchai d'elles. Je suppose que Caresse de Lune ne me verra pas. Ce n'est pas grave, j'ai l'habitude. Si je faisais partie des Sages, je serais pour le fait de me montrer à beaucoup plus de vivants. Mais voilà, je ne suis pas une Sage, je ne suis qu'un simple membre des Etoiles. Je regardai désormais la Meneuse dans les yeux. Se souvient-elle de moi? Se demande-t-elle pourquoi Caresse de Lune ne réagit pas? Je ne sais pas trop. Mes yeux pétillent. Je me souviens bien de la Guerrière qui est arrivée à douze Lunes au Clan. Directement nommé Chasseuse après une bataille avec un renard, elle n'a que cinq Lunes de moins que moi. Elle ne m'a pas connu très longtemps, tout juste quatre Lunes avant que je... Avant que je m'en aille. Elle en a fait du chemin avant de devenir Chef. Je lui ai donné l'une de ses vies, mais peut-être ne s'en rappelle-t-elle pas. Je sais bien que je suis indiscrète de m'immiscer dans leur conversation, surtout lorsque la discussion est aussi sérieuse, mais je n'ai que peu de temps. Au départ, les Sages ne voulaient pas que je la contacte, mais j'ai tellement insisté qu'Ils ont fini par accepter. Je ne pouvais introduire Ma Petite Mission sans aucun avertissement. Sa vie aurait été trop dure. Je regardai tendrement Etoile d'Epines. C'est peut-être la dernière fois que je lui parle avant un bon moment. J'espère qu'elle me croira. Il faut que je me presse, le temps m'est compté.

"Bonjour chère Etoile d'Epines. Je suis venue te porter un message. Ecoute et retiens bien, il est d'une importance capitale pour ton Clan. Lorsque le Destin se mettra sur ta route, ne lui tourne pas le dos et accueille ce miracle comme il le faut. C'est la volonté des Etoiles. Sans cela, le Tigre sera bien mal en point."

Je n'ai pas le droit de tout lui dire, je ne peux pas lui expliquer clairement. C'était la condition des Sages. Celle qu'Ils m'ont imposée pour venir voir Etoile d'Epines, pour lui parler de Ma Petite Mission. Je ne peux que leur obéir. Si je ne le fais pas c'est ma protégée qui en souffrira. Je suis certaine qu'Ils refuseront que je la guide, que je l'aide. Et avec l'orage qui approche, je n'ai pas le droit de lui imposer ça. Je fixe la Meneuse tigrée. Ce que je lui annonce n'arrivera pas tout de suite et il faut absolument qu'elle s'en souvienne. C'est trop important pour qu'elle oublie. Je pense que je profiterai des nuits pour lui répéter ce message dans un soufle. Il ne faut pas qu'elle oublie...

[Pear: désolée de m'incruster dans tous tes rps ^^", surtout que tu ne me voies jamais ^^"]

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MessageSujet: Re: Nos rangs nous éloignent mais nos sentiments nous rapprochent-ils ? |. Pv GNOUROWSE. ♥   Lun 2 Juin - 14:31

Filaments. Des filaments d'argent parsèment son regard.
Soudain, elle est absente, ne fait plus partie du monde des vivants.
Elle est là, sans être là.
On aurait dit que les étoiles se reflétaient dans ses yeux d'émeraude. Pourtant, le soleil est haut dans le ciel, et celui-ci parfaitement dégagé. C'est le jour. Pas la nuit. L'ombre n'est pas encore venue étendre sa possession au ciel. Mais Etoile d'Epines est capturée. Envahie. Engloutie.

Ces filaments d'argent, elle les voit qui se balancent au gré d'un vent qu'elle ne sent pas sur son pelage. Puis, petit à petit, ils se forment, s'étirent, pour devenir interminables, sans fin. Ces fils deviennent infinis. Ils se perdent dans la clarté du jour. Et parfois, elle arrive à les apercevoir, eux, le reflet d'une vie, le reflet de son âme. C'est ce qu'elle croit, là, maintenant, en les voyant virevolter. Ils dansent dans le vide, comme elle auparavant, lorsqu'elle ne savait pas encore où elle devait aller. Mais désormais, elle sait. Elle en a la certitude. Pourquoi, comment, ces mots n'ont pas leur place ici, dans ce dialogue. Elle le sait. Etoile d'Epines le sait.

Elle sentit, tout d'un coup, un regard. Puis une présence. Douce. Chaleureuse. Absente. Et pourtant si pleine de vie qu'elle s'étonna de ne pas l'avoir sentie plus tôt. Mais elle eut bientôt la réponse. Son corps était en train de lui prouver qu'elle avait déjà ressentie cela, cette sensation. Un léger engourdissement. Puis un fourmillement, léger lui aussi. Son esprit lui dit de ne pas bouger, de rester immobile. De toute façon, elle savait qu'elle ne le pourrait pas.
Et enfin elle apparaît. Cette forme lui est familière, cette silhouette aussi. Un pelage scintillant, qu'elle n'avait pas vu depuis qu'elle était allée aux Hautes Pierres, qu'elle avait posé sa truffe sur le roc froid de la Pierre de Lune. Un pelage qui scintillait de milliers d'étoiles. Ces étoiles qui chaque soir apparaissaient, les unes après les autres, dans le ciel noir de jais, charbonneux. Elle cru tout d'abord à une une farce de son esprit. Cela lui arrivait, de temps en temps ; lorsqu'elle n'était plus elle-même ... Son esprit pensait imaginaire, son cœur lui dictait tout le contraire. Il lui disait que c'était une rencontre, précieuse, et qu'il faudrait qu'elle la garde longtemps en mémoire. Des lunes ou bien des saisons.

« Bonjour chère Etoile d'Epines. Je suis venue te porter un message. Ecoute et retiens bien, il est d'une importance capitale pour ton Clan. Lorsque le Destin se mettra sur ta route, ne lui tourne pas le dos et accueille ce miracle comme il le faut. C'est la volonté des Etoiles. Sans cela, le Tigre sera bien mal en point. »

C'est la volonté des Etoiles. Ces mots résonnèrent dans son esprit comme un sentence. Sentence de la part du clan des Etoiles. Ainsi donc, elle n'avait pas le choix. Elle devrait faire avec. Mais la chatte des Etoiles était venue trop tard. Le destin s'était déjà mis sur son chemin. Il lui avait envoyé les bipèdes et leurs monstres pour tout détruire. Pour anéantir son clan, fauchant au passage des vies et des âmes, parmi lesquelles était partie la sienne. Oui, elle se sentait vide. Pas vide d'un poids que l'on peut porter sur son cœur mais un vide bien plus profond et vicieux. Un vide ressemblant à une abîme sans fond, sans lumière, sans échappatoire ... Etoile d'Epines secoua la tête. Ses paroles n'avaient aucuns sens. Le destin était déjà venue la chercher, lui avait déjà prit une part d'elle-même, qu'elle ne retrouverait plus jamais. Ô grand jamais.

La chatte étoilée la fixa un moment. Ses yeux étincelaient, brillants, luisants, et pourtant ... Et pourtant, un voile les recouvraient, opaque, sombre. Et vivant. Ses yeux, elle les avaient croisés il y a longtemps, très longtemps.

« Tempête de Pluie ? »

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MessageSujet: Re: Nos rangs nous éloignent mais nos sentiments nous rapprochent-ils ? |. Pv GNOUROWSE. ♥   Mar 24 Juin - 17:27

La cheffe reste silencieuse et je m'en veux d'avoir poser cette question. C'est égoïste de la forcer à parler de chose qu'elle veut ainsi éviter, c'est cruel même. Je suis cruelle. Me retenant de me mordre la langue pour me punir, je ne prononce pas un mot non plus. Mais finalement Etoile d'Epines tourne la tête et me regarde. C'est étrange et un peu ridicule mais le simple fait qu'un chef me regarde me flatte. Comme si je ne suis même pas digne que leur regard m'effleure.

« - Le — mon clan se porte bien. Nous avons eu quelques petits problèmes avec l’arrivée de bipèdes sur notre territoire mais cela semble s’être calmé. La forêt a enfin été regagnée par le gibier. C’est à cause des bipèdes que nous n’avons pas pu venir aux précédentes assemblées. Mais la prochaine verra le clan du Tigre, tu peux être certaine que nous serons là. »

Je hoche humblement la tête comme si je comprenais. A vrai dire je ne crois pas un seul mot de ses mensonges. J'ai quelque sources - bien que leur but initial ne soit pas de me livrer des informations sur le Clan du Tigre - et je sais que la situation n'est pas aussi simple que ça. Cependant pour ne pas attirer les soupçons sur moi ni sur ceux qui m'ont apporté cette information, qui me l'ont confiée parce qu'ils me font confiance, je décide de jouer la sotte qui croit tout ce qu'on lui dit. Tant pis pour mon image. La leur est bien plus importante. Mes amis, les miens et les autres en général sont plus important que moi. C'est en pensant ainsi que j'arrive à prendre du recul à me dire que ma vie et mes malheurs ne sont pas aussi important que ça au final et que je dois cesser définitivement de me morfondre sur ma misérable et inutile existence.

« - Je n'ai plus qu'à attendre on dirait bien. »

Le murmure de la cheffe est si bas que je ne l'entends presque pas, il est si bas que je doute même qu'elle l'ai vraiment dit. Peut être est-ce encore une imagination de ma part. Peut être pas. Comment pourrais-je avoir la confirmation ? Lui demander ? Non, si elle voulait que je l'entende elle ne l'aurait pas dit aussi doucement, ça me paraît plutôt logique. Hésitant toujours, je remarque que la femelle en face de moi s'est figée. Ses yeux fixent droit devant elle, et j'ai beau suivre son regard je ne vois rien qui justifient une telle réaction. Est-ce de la peur ? De la surprise ? Mais il n'y a vraiment aucune raison de s’immobiliser de la sorte. Voit-elle quelque chose que moi je ne vois pas ? Mais alors qu'est-ce que ça pourrait être ? Une proie, un ennemi, un prédateur ou un bipède ? Je les aurais remarqué aussi. Mais alors... Totalement déboussolée, mon esprit se met en marche, réfléchissant à toute vitesse. Je suis sûre que c'est quelque chose d'évident, qui me pend au museau mais que je suis trop bête pour voir. Continuant de regarder autour de moi, je me pose des tas de questions et je sens mon coeur s'accélérer sous le coup de la légère angoisse qui me traverse. Est-elle malade ? C'est pour l'instant ce qui me parait le plus logique.

« - Tempête de Pluie ? »

Je me retourne vers elle au son de sa voix. Toujours perdue dans le vague elle semble, elle, un peu moins perdue qu'avant. On a l'impression qu'elle est en train de réfléchir à quelques chose. Mais qui est Tempête de Pluie ? Un chat de Clan c'est certains. Peut un de son Clan si elle connaît son nom. Enfin quoique elle se souvenait bien du mien. Mais pourquoi appellerait-elle quelqu'un de son Clan là maintenant. Peut être que... non... vraiment ?
Serait-ce possible qu'elle soit en ce moment même en train de parler avec le Clan des Etoiles ? Aurais-je le privilège de voir en réel un signe de nos ancêtres, de voir un chef communier avec le quatrième Clan de la forêt ? Mon coeur continue de s'accélérer mais plus d'excitation cette fois. J'ai du mal à y croire mais ça me paraît logique. Il n'y a aucune autre explication. Reportant mon attention sur la chatte tigrée je la dévisage avec minutie, m'attardant sur ses yeux toujours légèrement voilés. Et ce que je vois dedans me glace sur place. Je n'ai jamais rien vu de pareil, d'aussi étrange et à la fois bizarrement réel. Dans ses grands yeux verts il y a de la lumière. Dans ses yeux verts il y a des filaments d'argents.

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MessageSujet: Re: Nos rangs nous éloignent mais nos sentiments nous rapprochent-ils ? |. Pv GNOUROWSE. ♥   Ven 22 Aoû - 13:34

Désolée, mais je ne suis capable que de ça pour le moment. D8

La silhouette scintillante disparue, de même que son message s'évapora dans les airs.
Non, je n'avais pas rêvé. Celle qui s'était tenue devant moi quelques instants auparavant était bien Tempête de Pluie, membre du clan de Etoiles. Tempête de Pluie, la lieutenante qui m'avais précédée, qui était morte lors de l'attaque des blaireaux, événement dont j'avais très souvent entendu l'histoire. Il n'y avait pas de doute possible. Elle m'avais donné l'une de ses neuf vies lorsqu'elle était venue à la Pierre de Lune les recevoir. Que m'avait-elle donné ... Le courage. L'ancienne lieutenante lui avait donné le courage, la force de surmonter tous les obstacles qui noirciraient sa vue. D'un vif mouvement, je fis claquer sa queue derrière moi. Décidément, tout le monde ne cessait de me faire souvenir de mes erreurs, passées comme présentes. Mais ce n'était guère le moment de m'appesantir sur ce qu'il venait de se passer. Déjà, je soupçonnai la guerrière du Léopard d'avoir compris ce qu'il venait de se passer. J'avais très certainement dû avoir un moment d'absence, comme aux Hautes Pierres et elle-même devait déjà avoir entendu parler de ces étranges moments. Ne souhaitant pas lui laisser le temps de me questionner, je repris le fil de la conversation - tout du moins j'essayai. Ma voix haute monta dans les airs, à mi-chemin entre réponse à la guerrière du clan des Etoiles et celle du Léopard.

« Excuse-moi, un petit moment d'inattention, dis-je d'un rire léger. J'ai comme l'impression que ce genre d'accident m'arrive assez souvent ces derniers temps ... Enfin bon. Nous allons bientôt regagner notre ancien camp. Le clan des Etoiles nous a suffisamment éprouvés pour plusieurs saisons. Quoi qu'il décide pour nous, je ferai en sorte de m'en montrer digne et forte. C'est le moins que je puisse faire pour nous remettre sur patte. »

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MessageSujet: Re: Nos rangs nous éloignent mais nos sentiments nous rapprochent-ils ? |. Pv GNOUROWSE. ♥   Mar 26 Aoû - 10:11

Peu à peu Etoile d'Epines semble reprendre ses esprits et les lumières disparaissent de ses prunelles. Un moment de doute m'envahit, ai-je rêver ce qu'il vient de se passer ? Repassant les images dans ma tête, je suis certaine de ne pas me tromper et d'avoir réellement vu des spectres de lumière qui virevoltaient dans ses prunelles. Après je ne peux pas assurer que c'est vraiment un ancêtre que j'ai vu dans ce reflet mais quand je sens les poils qui sont hérissés sur mon échine et mon coeur qui bat la chamade je suis certaine d'avoir raison. Enfin peut importe. J'aurais tout le temps de me poser des questions là dessus plus tard, une fois que je serai blottie dans ma litière. Là en ce moment je dois faire face à la meneuse et rester cette guerrière neutre et amicale que je dois être. « Excuse-moi, un petit moment d'inattention. J'ai comme l'impression que ce genre d'accident m'arrive assez souvent ces derniers temps ... Enfin bon. Nous allons bientôt regagner notre ancien camp. Le clan des Etoiles nous a suffisamment éprouvés pour plusieurs saisons. Quoi qu'il décide pour nous, je ferai en sorte de m'en montrer digne et forte. C'est le moins que je puisse faire pour nous remettre sur patte. » Sa voix est légère, fluide mais par expérience je sais que c'est, de toute évidence, une voix faussement joyeuse et que son rire est forcé. Je commence à me lasser de tous ces masques qui, sans cesse nous empêche de nous montrer réellement et enterrent nos mensonges sous d'autres mensonges, toujours plus profondément. Et quand viendra le moment de tout déterrer le travail sera tellement immense que cela prendra des lunes voir des saisons avant que ce soit fini. Si on y arrive un jour et rien n'est aussi peu certain.

Mais malgré son ton faux, ses paroles elles sonnent vraies. Je la crois, je le sens qu'elle fera tout pour faire honneur aux siens et qu'elle sera capable de grands sacrifices, qu'elle ne craindra rien pour redresser son Clan, pour assurer le respect des siens. Je l'admire silencieusement. Il dégage d'elle une force étrange, fragile, prête à se casser, mais je suis sûre qu'avec le temps elle grandira si elle trouve le moyen de l'entretenir. Je me sens étrangement confiante envers cette chatte qui, de part son regard, semble avoir vécu de nombreuses choses. Ne me formalisant de son excuse sans doute mensongère - encore un mensonge - je lâche, du même ton léger et joyeux mais la dévisageant d'un regard appuyé montrant que je ne suis pas dupe : « Ce n'est pas la peine de t'excuser si peu Etoile d'Epines, ça m'arrive régulièrement à moi aussi. » Dans ma voix on peut deviner une légère tendresse et une pointe de nostalgie. Soudain je sens l'envie d'arrêter de mentir, d'arrêter de superposer ces masques sur mon fin visage. Je commence à être lasse de tout cela. C'est quelque chose d'épuisant, d'éreintant. Je me demande si la cheffe adverse qui de toute évidence semble une adepte des faux visages se sent aussi exténuée que moi. Un sourire triste se dessine sur mon visage sans que je prenne le temps de le cacher. Une phrase sort de mes lèvres, échappant à la maîtrise que j'ai sur moi-même : « Notamment quand le passé choisit de refaire surface. » Je lève brièvement le regard vers le ciel et soupire. Pourquoi suis-je, dans ma tête, devenue si vieille ? Du haut de ma vingtaine de lune j'ai encore toute la vie devant moi. Mais mon passé est déjà marqué de beaucoup de souffrance et de douleur, des choses que je ne pourrai jamais effacer même avec toute la volonté du monde. Apprentie je voulais rester une enfant toute ma vie durant et conserver cette innocence qui m'étais chère. Malheureusement ça n'a pas été le cas. J'ai grandis.

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« Because, you see, the more things change, the more they stay the same. »

Merci ma Splendide pour ce si beau cadeau. ♥








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