« Dans ce monde il y a des gens qui préfèrent la solitude, mais il n'y a personne au monde qui puisse la supporter. »
 
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 Drago dormiens nunquam titillandus ⎥pv Lune

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MessageSujet: Drago dormiens nunquam titillandus ⎥pv Lune   Dim 1 Sep - 18:54




     Fleur d’Ajonc traversait un passage désert avec circonspection. Sous ses pattes, les pierres étaient toutes aplaties et glissantes et inégales, sentant le bipède ou plutôt la patte de bipède. Elles étaient grises, aussi, comme la brume dense et mouillée qui l’entourait. La guerrière s’arrêta un instant, timide et mal à l’aise dans cet univers inconnu mais terriblement exaltant.
    Puis reprit sa route, ravie d’être le seul chat à parcourir ce chemin de bipèdes. Mais prudente, parce que tout le monde sait que si ces créatures à deux pattes sont stupides, elles ont l’avantage de part la taille et le nombre, et leurs montres asservis les aident. Et leur bêtise est aussi une force. Les bipèdes sont pareils à des chiens fous et enragés, imprévisibles. Tantôt aimablement fourbes et trompeusement calmes, ils t’offrent de la chair brunâtre et avariée qui dégagent pourtant une odeur capiteuse et enivrante qui te tente et contredit ta vue. Ou alors il essaient de fourrer leurs grosses pattes, celles qui leur sont inutiles et pendouillent dans le vide telles des asticots sur ta belle fourrure lisse et propre, pour l'ébouriffer  et y mettre leur odeur puante, mais alors très très puante, quelle horreur.
     Après tu en avais pour des heures, des heures de toilettage méticuleux pour l’enlever. Et puis même, l’odeur restait sur ta langue des jours durant. Non, le mieux à faire en fait consistait à se tremper dans une mare. Fleur d’Ajonc en frissonna. Elle détestait l’eau par dessus tout, cette substance traîtresse et froide, toujours humide et aussi sournoise que ces bipèdes. Surtout si c’est l’eau de la rivière, qui t’emporte selon son humeur, plus dangereuse que celle des mares où tu ne risques la mort que si tu t’y enfonces trop loin.
     Voilà donc pourquoi elle marchait avec circonspection. Elle tenait à son pelage, bien doux et soyeux, qui s’épaississait de jours en jours, sa fierté blanche et rousse et noire, aussi colorée que les feuilles mortes à demi recouvertes par la neige. Mais la neige, ce n’était pas pour tout de suite. Pour le moment, la saison des feuilles nouvelles s’achevait à peine. Bien sûr, on ne s’en rendait pas compte dans le monde des bipèdes où tout est mort, sans sol et sans rien de bon de la forêt, surtout avec cet abominable brouillard qui lui plaquait les poils sur son dos, rendus lourds et collants par cette vapeur trempée. Pourtant il y aurait encore des dizaines de belles journées brillantes et étouffantes, passées à l’ombre des grands pins, et le souffle chaud des vents gentils chuchoteront encore longtemps aux oreilles des félins.
     Elle ne pensait pas vraiment, toutes ces réflexions lui parvenaient en de rapides éclairs à peine formulés. Elle ne se sentait ni triste ni joyeuse, juste en harmonie avec la pierre qui était froide et qui semblait vibrer d’émotion. Elle lui disait : “ Bienvenue, beau chat. C’est agréable que des coussinets à la texture si douce et cependant rendus si durs par les heures de marches en forêt me frôlent plutôt que ces semelles répugnantes de bipèdes hâtifs et incompréhensifs qui m’écrasent sans me voir. ” Ou peut-être que finalement elle ne disait rien, parce que c’était juste de la roche minérale sans paroles et pensées, morte sans jamais avoir été vivante.
     Toujours est-il que ce chat arrogant et pensif, à force de marcher avec force précautions et des idées encombrantes et à l’utilité relative, flaira une odeur suspecte en se félicitant de sa prudence. Eut-elle marché rapidement, l’aurait-elle perçue ? Aussi, fière de sa découverte, Fleur d’Ajonc fit jouer les méninges de sa petite tête pour en analyser la provenance. Grâce à des mécanismes subtils qu’il nous est impossible de décrire de part leur complexité, elle déduisit de ce vague remugle l’émanation qui caractérise ces odieux chats chafouins du clan du Léopard. Par définition, tout félin qui n’appartient pas à son propre clan est un traître aux manières sournoises et déloyales, du plus petit chaton qui à peine né veut te sauter à la gorge jusqu’à l’ancien sénile et cacochyme qui te crache dessus dans l’espoir pernicieux que tu sois contaminé par le même mal que lui, transmis par sa bile. C’est pourquoi notre jeune combattante, une lueur bravache dans ses yeux verts, les tourna vers la clôture qui ceignait un nid de bipède.
     Ce qui était incroyable, c’était la pelouse vert tendre dont chaque brin d’herbe n'excédait pas huit millimètres et ne descendait pas en dessous des six millimètres et demi malgré l’été qui, sans avoir été particulièrement sec et desséchant, avait transformé, comme tous les étés depuis le commencement de la forêt, l’herbe verte de la saison des feuilles nouvelles en paille dure, aussi racornie qu’une coquille d’escargot. L’absence totale du moindre insecte aussi banal qu’une fourmi ou une araignée, et de mousse sur le tronc de l’unique peuplier qui projetait son ombre sur l’herbe déjà ombreuse puisqu’il n’y avait pas de soleil, ça aussi était étrange.
     Mais Fleur d’Ajonc l’avait déjà remarqué en une fraction de seconde, et ce qui la dérangeait le plus, c’était ce chat ennemi, qui se trouvait là, devant cette aberration qui caractérise les deux-pattes. En fait, ça n’avait pas l’air très dangereux, avec toute cette fourrure grise pelucheuse beaucoup trop longue, peuh, à quoi ça peut bien servir dans la neige ou dans une bataille ces monceaux de poils duveteux ? Et cette queue en panache démesurée qui s’enroulait autour de son corps malingre ? Pff. Ri-di-cu-le. Rien ne valait la juste mesure qu’elle seule possédait. La perfection absolue, l’équilibre absolument parfait de la longueur de sa robe, ni trop courte comme celle de ces chats à poils ras si laids ni trop longue comme celle du bibelot qui lui faisait face. On aurait presque dit un chat de bipède, mais les émanations fétides qui lui étaient propres étaient bien celles de l’ennemi héréditaire, les léopards.
     Fleur d’Ajonc trépignait d’impatience, mordait intérieurement son frein, bref, avait hâte de se battre contre ce chat étranger qui ne lui était rien, enfoncer ses griffes tranchantes dans ce truc poilu qui sentait si mauvais. Mais pour ça il lui fallait une raison de l’attaquer. Bon, elle allait commencer par lui parler. Avec un peu de chance, sa future adversaire était le léopard typique, idiot et prompt à l’emportement, et elle n’aurait qu’à la titiller un peu pour se voir attaquer. Ensuite elle la battrait à plate couture, et aurait ainsi combattu pour la gloire, sauvant l’honneur de son clan déjà mis à mal parce que trop de chats lâches et peureux du Lion aspiraient à... à... la paix, ça y est elle avait formulé dans son esprit ce mot répugnant qui la faisait trembler de dégoût, à quoi ça ressemble dites-moi la paix !
    « Salut, petit chat du Léopard. Que fais-tu là si loin de ton clan ? »
     Jubilation intense car insulte à peine voilée. Envie de meurtre miaou miaou !




[P.S. : Oui, Ajonc est un peu folle **]

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MessageSujet: Re: Drago dormiens nunquam titillandus ⎥pv Lune   Lun 2 Sep - 15:21

Mes pattes foulaient la pierre dure et noire qui recouvrait les trottoirs. Une fois encore je me demandai ce que j'étais venu ici. Les poils de l'échine hérissés, les oreilles rabattues sur mon crâne j'avançais en silence, prenant garde à ne pas attirer l'attention. Si en général les grands bipèdes nous ignoraient nous les chats, leurs petits ne se gênaient pas pour courir vers nous en nous caressant de leurs mains maladroite. Si, petite cela me ravissait et que je me frottais volontiers contre leurs mains de poupons en ronronnant aujourd'hui la simple idée qu'ils effleurent mon pelage me révulsait au plus haut point. J'avais du mal à comprendre comment j'avais pu pendant si longtemps accepter de me blottir sur leurs genoux au coin du feu ou de courir après leur ficelle. Plus encore, je me demandais comment j'avais pu en éprouver du plaisir. Depuis mon évasion je n'avais jamais remis les pieds dans ces ruelles puantes. Je m'étais toujours arrêté aux petits pavillons qui bordaient la forêt avec leurs jardins fleuris entourés par une clôture en bois. Ces même nids où j'avais passé trois lunes de mon existences. Cette même prison qui m'avait retenue loin de la forêt où j'étais née. Aujourd'hui encore, je me demandais comme serait ma vie si ces maudits bipèdes ne m'avaient pas trouvée. Aurais-je rejoint le Clan du Léopard ? Ou celui tu Tigre voir même celui du Lion. Peut être serait-je restée simple solitaire avec ma mère et mes deux soeurs. Peut être que, si je n'avais pas rejoins ces nids aux rares fenêtres qui me séparait de mon véritable chez moi je serais avec elle en ce moment même et je saurais à quoi ressemble son visage. J'en étais sûre ma vie aurait été tout autre. Mais aurait-elle été meilleure ? Cette question resterait toujours sans réponse.

A force d'avancer sur ce sol inconfortable mes coussinets commençaient à souffrir et mes articulations à lancer. Je devais me rendre à l'évidence. Si autrefois je connaissais ces ruelles par coeur, aujourd'hui ce n'était plus le cas. Je n'étais par perdue à proprement parler. Retrouver mon chemin serait facile, mon odeur ne s'était pas éventée à cause de ces hauts bâtiments qui empêchait le vent de circuler gardant au sol un air fétide et stagnant qui me brulait les poumons. Les odeurs qui s’échappaient de leurs poubelles et l'odeur âcre des monstres contribuaient à cette odeur qui vous colle au pelage et qui ne la libère qu'après une semaine. Je fronçai le née dégoutée. Même quand je vivais ici cette odeur me créait des haut le coeur. Je préférai mille fois l'odeur enivrante des chèvres feuilles qui décoraient la plupart des jardins. Le coeur au bord des lèvres je continuai cependant à avancer en retenant la bile qui remontait dans ma bouche à intervalles réguliers. Lorsque je tournais vers une nouvelle ruelle qui me rappelait vaguement quelque chose je décidai de redessiner dans ma tête le plan de ces lieux qui n'avaient eu aucun secret pour moi. Comme ça, si jamais un de ces maudis cabots abandonnés me sautait dessus je pourrais m'enfuir plus vite. Me blottissant contre un de ses soleils artificiels qui empestait l'urine de chien je me fis aussi discrète de possible. Je fermais les yeux, guettant les bruis alentours mais rien, le silence total. Alors je me mis à faire défiler les souvenirs qu'il me restait mais qui s'estompait un peu plus chaque jour. C'était douloureux de revoir cette époque de ma vie sur laquelle j'avais tiré un trait mais je n'avais le choix. Si je voulais ressortir vivante d'ici c'était obligatoire. D'accord, je l'admets je poussais le bouchon un peu loin. Mais j'étais angoissée pour ne pas dire terrifiée. Revenir ici faisait remonter en moi des émotions oubliées. J'avais peur de ce que je pourrais faire, de ce qu'on pourrait me faire. Ma vie sauvage me plaisait plus que tout mais qui sait ce qu'il pourrait advenir. Je n'aurais jamais dû devenir ici c'était une erreur. Mais la curiosité était plus forte que tout. Je voulais savoir ce qu'était devenu mon ancien univers, mon ancien quotidien. Je voulais savoir ce que j'avais manqué. J'avais envie de savoir sans vraiment l'expliquer. Peut être que la curiosité ça ne s'explique pas. Ça se vit c'est tout.

Quand la mémoire me revint à peu près je continuai ma route. Je savais où j'étais par rapport à ma maison et quel jardin traverser pour rejoindre la forêt, et surtout comment contourner les nombreux chemins du tonnerre. Ici il n'y en avait aucun. Ils n'avaient sans doute pas le droit. Quand les bipèdes ne les utilisaient pas, ils dormaient tous au même endroit, non loin de là. C'était d'ailleurs un lieu que je préférai éviter. Tous les sens en alerte je poursuivais mon chemin tentant de garder un souffle régulier. Après avoir observé de tout mon soul ces terres qui avaient été ma maison, je me dirigeai vers un coin plus agréable où se trouvaient quelques nids de bipèdes. La douleur de mes pattes avaient maintenant amplifié et chaque pas me faisait souffrir. Cela changeait des grands bâtiments qui semblaient toucher le ciel et des rues sales et d'un gris uniforme. Et l'air était plus respirable ici. Me détendant un peu, je m'arrêtait devant un portail en bois et me ramassai sur moi même me préparant à bondir au dessus de celui ci. Je contractai mes muscles et, me propulsant dans les airs, me hissai au sommet mes griffes raclant le bois. J'atterris dans l'herbe de l'autre côté et poussai un soupir de soulagement. Je me sentis tout de suite mieux sur ce sol tapissé de pelouse. Bien sûr ce n'était pas celle de la forêt. Là bas elle était haute et tendre sous les pattes. Celle-ci était trop courte trop disciplinée. Encore une fois c'était l'oeuvre des bipèdes. Je me rendis compte que depuis que je m'étais enfuie de chez mes maitres, je m'étais mis à haïr les bipèdes de plus en plus, leur reprochant les regards noirs que je me prenais. Mais au fond de moi, une petite part leur restait loyale. Je pouvais détester tous les bipèdes de la terre eux non. Cela était impossible.

L'odeur du clan du Lion me sortit de mes pensées. Bon sang que faisait un chat de clan ici ? Enfin, je pouvais me poser la même question. Depuis que je vivais dans la forêt j'avais rencontré peu de membres de ce Clan, croisant plus les félins du Clan du Tigre. La guerrière dont je me souviens le plus s'appelait Délicatesse Inanimée. Elle s'était invitée sur notre territoire alors que je n'étais qu'une chatonne et, idiote comme j'étais, j'avais tenté de la faire fuir. Comme j'avais dû lui paraitre ridicule. A cette pensée je souris malgré moi. Je me demandai ce qu'elle était devenue. Etait-elle morte ? Disparue comme la plupart de ceux que j'avais côtoyé pendant mon enfance ? C'était plus que probable. Prenant soin de discipliner mon pelage encore un peu hérissé je fixai le portail avec attention. Puis apparut le chat qui produisait cette odeur quelque peu désagréable. Mais j'étais obligée de reconnaitre qu'elle était très belle. Son magnifique pelage tricolore était flamboyant et brillant de santé et ses yeux vert profond était poignant. Elle représentait le cliché type de la belle guerrière celui qu'on aimerait tous être. Elle me regarda d'un air étrange, comme si elle était déçue de me trouver ici. Étonnée, je la fixai avec attention me demandant si je devais me mettre à parler ou pas. Mais elle me devança et sa voix musicale emplit l'air :

« - Salut, petit chat du Léopard. Que fais-tu là si loin de ton clan ? »

Son ton n'était pas amical. Ni agressif. Il était plutôt ... narquois il c'est cela. On aurait dit qu'elle se moquait de moi. Je ne laissai passer aucune réaction mais en moi cela m'irritait au plus haut point. Je n'aimais pas ceux qui se pensaient supérieur et vu comme elle me toisait cela devait être son cas. Préférant faire celle qui n'avait pas remarqué l'insulte qui se cachait derrière cette phrase je lui souris de manière presque - je dis bien presque - amicale et lui répondis d'une voix neutre :

« - Je pourrais te retourner la question. »

J'avais éluder sa question car je ne pouvais pas lui dire pourquoi j'étais ici. Elle ne m'inspirait pas confiance. Je n'arrivais pas à l'expliquer, comme pas mal de choses d'ailleurs, mais je sentais que je devais me méfier. Après tout les apparences sont parfois trompeuses.

| J'ai vu ça. xD J'adore ton rp il est vraiment génial. Ca promet d'être mouvementé tout ça ! |

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« Because, you see, the more things change, the more they stay the same. »

Merci ma Splendide pour ce si beau cadeau. ♥








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MessageSujet: Re: Drago dormiens nunquam titillandus ⎥pv Lune   Dim 8 Sep - 16:59

« - Je pourrais te retourner la question. »

Fleur d’Ajonc sentit son cœur se dilater d’ulcération, ses pupilles s’agrandir de haine, et ses griffes crisser sur les pavés. C’était une provocation, ça, elle en était sûre, une raison suffisante pour se jeter sur l’adversaire ! Bonheur ! Mais ça c’était la couche inférieure de ses pensées, par dessus flottait la question posée-retournée. Ce n’était pas faux, un chat de son acabit n’avait rien à faire ici, dans une ruelle puante, entourée de bipède et en compagnie de ce chat-là, qui avait l’air stupide, bête et pacifique. Elle aurait plutôt dû régner sur un champ de bataille, tiens, elle s’y voyait déjà. Un coup de griffes griffues sur ce gros matou roux, une morsure mordante sur cette boule de poils, une patte blanche assenée avec violence sur ce museau répugnant, et sauter toutes griffes dehors sur cet ennemi pour lui taillader la peau du dos, lui trancher l’estomac, vider ses entrailles sur l’herbe verte en fait plus écarlate que verte. Et partout partout partout le sang giclait en gros bouillons d’un rouge très rouge. Une fois la tribu rivale réduite à l’état de petits monceaux sanguinolents de chair crue et informe éparpillés de ci de là, elle les rassemble en un gros tas bien compact et monte dessus pour s’adresser à son clan. Etant donné qu’elle en est le chef tout puissant par coup d’état, ils lui obéissent tous au doigt et à l’œil et la vénèrent, l’admirent, la flattent sans vergogne et se battent pour l’honneur de lui lécher les pattes avec force coups de langue baveuse.
C’étaient donc les rêves ambitieux de Fleur d’Ajonc, tout ce pour quoi elle priait. Et ce pour quoi d’autres avaient un réel intérêt à prier qu’ils ne se réalisent jamais. Toujours est-il que chaque matin qui se levait sur la forêt la voyait réfléchir de toutes ses forces à la consécration de ses projets diaboliques, dont elle était persuadée des bienfaits. Le Clan des Etoiles en soit loué, il ne lui avait fort heureusement pas fait cadeau d’un cerveau plus développé que les autres chats. En compensation, elle disposait de sa beauté tapageuse dont elle ne manquait certes pas de s'enorgueillir, mais qui n’était pas à proprement parler très utile pour ses envies de conquêtes. Encore que... un chef charismatique et hors de portée, c’était frustrant mais motivant pour ses sujets qui pourraient s’épuiser à lui complaire sans jamais dériver de leur objectif - qui était en fait celui qu’elle leur avait instillé de force, mais chut.
Voilà donc pourquoi Fleur d’Ajonc n’avait pas encore réduit en bouillie le chat qui lui faisait face. Une voix lui soufflait de le tuer, mais une voix encore plus forte lui disait que ses griffes ne valaient pas la peine d’être sorties dans cette misérable ruelle sale et dégoûtante. D’un autre côté, ça lui ferait un entraînement. Plus on égorgeait de chats, plus on excellait dans cette discipline. Et plus rapidement, et avec toujours plus de style.
Tuer, c’était le loisir favori de Fleur d’Ajonc. A peine née elle s’amusait à déchiqueter les petites proies qu’on lui ramenait dans la pouponnière. Elle n’avait qu’une hâte : en sortir au plus vite pour en attraper des fraîches et vigoureuses, parce que la viande ramenée par les guerriers du clan passait souvent des heures dans la fosse à gibiers, et ne saignait plus du tout, et avait déjà un arrière-goût rance.
Ensuite, elle avait été promue apprentie, et on lui avait donné Cœur d’Ebène la lieutenante pour mentor. Elle en avait été ravie : elle se rendait déjà compte qu’elle nouait une relation privilégiée avec un chat appelé à devenir un jour chef, quand la grande Etoile d’Argent mourrait. Mais à cette époque, elle aurait été révoltée à l’idée de destituer les deux grandes guerrières pour prendre leur place. Elle les admirait, parce qu’elles étaient ses modèles, fières, courageuses, belliqueuses, défendant leur clan à coups de griffes et de crocs. La jeune apprentie nourrissait l’espoir secret que sa chère mentor lui donne un jour la place de lieutenante quand elle succéderait à leur vieille meneuse. Mais elles étaient mortes toutes deux. Et maintenant c’était ce triste imbécile d’Etoile du Tyran qui dirigeait le non moins affligeant clan du Lion. Dire qu’elle avait été guerrière avant lui ! Et le surpassait de loin à la chasse et sur le champ de bataille. Certes, il n’avait pas son pareil pour réciter de beaux discours lors des cérémonies, et pour enrober de miel toutes menaces, ce pantin ridicule. Mais, pff, qu’il était pitoyable ! D’Echo Céleste, sa lieutenante, elle ne savait pas trop quoi penser. Elle la respectait un peu plus parce qu’elle était douée à la guerre. Mais Etoile du Tyran était trop fin pour se faire seconder par un chat qui ne partageait pas ses positions...
Toujours était-il qu’elle se sentait presque satisfaite de cet état de chose : elle devrait s’en débarrasser pour régner, ce qui était autrement plus glorieux que de voir le trône lui échouer de lui-même dans l’ordre naturel des choses. Elle attendait simplement son heure. Elle était jeune, elle avait le temps. Le temps de se préparer à tuer !
Bien entendu, ce long résumé s’était déroulé en une fraction de seconde dans l’esprit de Fleur d’Ajonc, et à ce moment, elle s’était décidé à sauter sur sa nouvelle cible. Aussi se ramassa-t-elle sur ses pattes et commença à détendre ses muscles postérieurs quand un jappement strident-déroutant-déconcertant s’éleva dans son dos, ça ressemblait un peu à ça : WOUUUF. Ce qui transforma son saut en sursaut convulsif, et elle se retourna, épouvanté. Un petit chien très comique la regardait du haut de sa demi-queue de renard. Le sale caniche avait une fourrure grotesque qui frisait tout autour de son corps malingre, et qui laissait à découvert les quatre brindilles qui formaient ses pattes. C’était tout petit pour hurler si fort. Pas de quoi être impressionnée. Bon, c’était quand même un chien, du coup Ajonc recula un peu en retroussant les babines d’un air fanfaron et goguenard.
Son sang se glaça néanmoins quand s’abattirent sur elle deux ustensiles gras et pourvus de pinces qui s’enfonçaient dans ses flancs. Ça s’imaginait vouloir la tirer vers le haut, et le pire c’est que ça y arrivait. Elle décollait !! Notre infortuné chat se débattit en miaulant, griffant, grondant, se tortillant et mordant, et ses yeux croisèrent ceux du monstre dont les minuscules yeux ronds et torves semblaient se réjouir. Un bipède ! Cette vision d’horreur lui insuffla l’énergie suffisante pour se libérer, et elle bondit maladroitement vers le sol qui était plus près qu’elle le pensait. Devant elle se trouvait cette demeurée de chat ennemie dont elle avait oublié l’existence. Elle ne s’était pas enfuie cette stupide créature ?

« Courrons ! » cria Ajonc.
Et elle détala.

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MessageSujet: Re: Drago dormiens nunquam titillandus ⎥pv Lune   Ven 10 Jan - 18:26

Le crissement de ses griffes sur les pavés me fit frissonner. Ses pupilles s'agrandirent et s'emplirent d'une haine sourde tandis que le poil de son échine se hérissait. Laissant mes instincts se libérer je me tapis au sol, roulant des muscles. Sous ma fourrure luisante ils étaient tendus, puissants, prêt à se détendre d'un coup quand mon esprit de défense en donnerait l'ordre. J'étais forte, je le savais et tout à fait capable de lui tenir tête. Je n'avais vraiment plus rien dans mon physique et dans mon esprit de cette pauvre chatonne rêveuse. C'était loin et mes souvenirs de cette époque étaient de plus en plus diffus. L'odeur de la maison, sa chaleur, sa réconfortante allure bien qu'imposante n'étaient plus d'une fumée fugace qui ne se cristalliserait plus jamais. La texture de la nourriture industrielles, le goût du lait tout ça je ne m'en souvenais presque plus. Pourtant ici, dans cet endroit mes pensées d'autrefois revenaient de plus en plus nombreuses. Pourquoi, je n'en savais rien. Les lieux familiers peut être. Mais je n'aimais pas ça. Je n'avais aucune envie de revivre des lunes d’enfermement alors que la simple pensée des bipèdes me faisait frémir. Redevenir chatte domestique ? Plutôt crever sous les attaques de cette guerrière. De toute évidence j'avais devant moi une chatte qui haïssait les autres clans du plus profond de son âme. Soit, tant pis. Peut-être était-elle trop imbus d'elle-même, persuadée d'être supérieur à nous et elle nous considérait comme des simples vermines. Cette pensée sonna aussitôt comme une vérité dès qu'elle traversa mon esprit. Cette chatte était une diva et à ses yeux, nous n'étions que des rats. Cette pensée fit monter en moi un éclair de rage. J'allais lui montrer moi, si ce que nous étions. J'allais lui faire regrette d'avoir regardé le Clan du Léopard de haut. Je n'étais pas agressive de nature, juste susceptible. Et tout dans son regard, dans son attitude m’horripilait. Un grognement sourd monta dans ma gorge. Je ne l'attaquerais pas. Je me défendrais tout au plus. J'étais parfaitement capable de lutter contre elle, mon baptême de guerrière remontait à plus de cinq saisons maintenant. Elle aussi se ramassa sur elle-même, prête à bondir, détendant déjà ses puissantes pattes arrières. Je gardais mes prunelles bleues fixées sur ses membres, prête à la renvoyée au tapis dès qu'elle tenterait d'atteindre mon dos. Le silence était lourd, pesant, simplement perturbé par nos respirations heurtées et un bruit de course.
.... Un bruit de course ?

Je n'eus pas le temps de réfléchir pleinement à l'origine de ce bruit car un aboiement bref résonna dans l'air. Aussitôt la guerrière ennemie se tourna, apeurée, et je me dressai pour faire de même soudainement emplie d'une peur panique. Je gardais un mauvais souvenir des molosses aux babines dégoulinantes de bave, aux yeux fous. L'odeur de cabot fut soudain partout et je me préparai à fuir quand il arriva devant nous. Je retins un éclat de rire tant il était minuscule. Qu'il était laid ! C'était un chien pourtant il n'avait ni la grâce de ses congénères qui trouvaient ça drôle de nous courir après - allez comprendre des chiens - ni l'air mignon des petits chiots. Son poil, parfois très court, d'autre fois plus long, frisé et sa queue minuscule battait l'air. Il avait l'air aussi étonné que nous, comme s'il voyait un chat pour la première fois. Ma rivale recula de plusieurs pas, les babines retroussées. Ma rage s'était évanouie en quelques secondes. En ce moment je n'avais qu'une envie, c'était chasser ce chose qui semblait être un canidé. Je n'avais nullement peur. Pour les avoir côtoyé, je savais qu'un feulement féroce et un coup de griffe sur le museau suffisait à faire fuir ces animaux. Les regarder fuir en jappant, la queue entre les pattes était hilarant. Je l'avais souvent fait chatonne alors maintenant que j'étais guerrière. Mes babines se retroussèrent, prêtent à cracher quand la diva presque à côté de moi maintenant fut soulevée du sol. Celle-ci poussa un grondement, se débattant du mieux qu'elle put pendant que je levai la tête et restait figée sur place : un bipède ! Un petit, tout allait bien. J'essayai vainement de calmer les palpitations de mon coeur dans ma poitrine. Tétanisée je n'arrivai plus à bouger, mes pattes refusant de s'enfuir. Mes yeux révulsés étaient posés sur le visage joufflu et rose du petit, sur ses yeux larges et sa bouche trop grande qui souriait. Dans ses mains flasques la guerrière se débattait avec fureur et, après avoir laissé quelques estafilades rouges elle parvint à se libérer. Elle poussa un cri de peur et de dégout pur que je compris comme un ordre à mon adresse et, tandis qu'elle détalait, je fis moi aussi un demi-tour rapide sur moi-même et filait vers la clôture. Je courrai tellement vite que je sentais à peine l'herbe sous mes coussinets. Derrière nous, j'entendis les cris suraigus du petit qui me vrillèrent le crâne. Il éclata en sanglots bruyants, attirant sans doute toute l'attention des gens alentour sur lui. Déjà, la barrière se dressait devant moi. Sans ralentir je pris mon élan et bondis vers le haut. Mes griffes raclèrent le bois vernis, à la recherche d'une prise et je me hissai sur le rebord avant de me laisser tomber de l'autre côté avec souplesse. Je me tournai me rendant compte que, dans ma hâte et mon habitude ancienne à se genre d'obstacle, j'avais dépassé l'autre. J'arrêtai fixai le sol, le temps de reprendre mon souffle. Quand mon coeur se fut calmé, que mes côtes cessèrent de se creuse, je redressai la tête et parcourus le paysage devant nous du regard. Un autre jardin, super. La même herbe trop courte, presque la même maison, avec la même porte close, le même chemin de pierres désagréable sous les pattes. Et plus loin, une nouvelle clôture qui laissait deviner un nouveau jardin. Je poussai un long soupir, lasse. Bienvenue dans le monde des bipèdes. Au moins ici, c'était calme et tout à fait silencieux. On entendait seulement les cris ininterrompus du petit, plus loin. Une porte claqua, et des cris affolés, plus graves résonnèrent. Ses parents peut être. Ils se mirent à crier eux aussi, sans doute venaient-ils de voir le sang qui coulait sur les mains et les bras de leur enfant. En tous cas, si nous étions restées là-bas, on en aurait pris pour notre grade c'était certains. Je fixai la guerrière et lâchai d'une voix sarcastique -elle m'inspirait toujours autant de répulsion -, ignorant les conséquences que ça aurait :

« - Tu pouvais pas te sortir de là d'une manière plus délicate ? »

| J'ai aucune excuse pour le retard... je suis vraiment vraiment désolée, c'est mon record ça. x.x |

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MessageSujet: Re: Drago dormiens nunquam titillandus ⎥pv Lune   Jeu 10 Juil - 10:55


Devant Fleur d'Ajonc fonçait le petit chat gris, et derrière, elle s'imaginait le souffle fétide de la bête frôler sa queue, et en frémissait déjà. Il n'y avait rien qu'elle aimait tant que la course ; ou à bien y réfléchir, la bataille peut-être. Jamais elle n'avait regretté d'être un chat du Lion : ils avaient la rivière et ses gorges ainsi que les landes qui touchaient le ciel, l'eau et le vent. Sur les landes, l'air semblait d'une qualité différente, moins mouillé et plus vif, peut-être plus rare aussi. La fougère et la bruyère, qu'égayaient les ajoncs d'or à la saison des feuilles nouvelles, moutonnaient sur la terre poussiéreuse. Les seules proies méritant d'être poursuivies sur des centaines de queues de renard, c'étaient les lapins. Ils avaient les pattes prestes et filaient plus vite que le vent, d'où la nécessité de les battre à la course. Elle excellait - ou du moins se plaisait-elle à le croire - dans ce domaine. Quoi de plus grisant que les bourrasques lustrant sa fourrure ébouriffée, ou au contraire la propulsant sur la lande, parfois si fort qu'elle craignait de s'envoler ? Toutes ses pensées néfastes tourbillonnaient alors dans l'air électrique puis se dissipaient ; ne restait plus que la joie de poursuivre la leste créature qui serait du plus bel effet sur le tas de gibier. La sensation ultime, c'était la vitesse ; il y avait également la joie du prédateur, la caresse du vent, la concentration totale, les pattes qui frappent la poussière.
Pourtant, Fleur d'Ajonc n'aimait pas cette course. Il n'y avait rien de mal à pourchasser un lapin : n'était-il pas de notoriété publique que nulle bête plus stupide ne foulait le territoire des trois clans ? D'ailleurs, une de ses insultes préférées était cervelle de lapin.Le plus malin l'emportait : c'était la suprématie du meilleur. Cependant, la situation présente la révoltait. Regardez un chat, regardez un chien. Qui des deux est le plus intelligent ? La question ne se pose même pas : c'est le chat à n'en point douter. Et pourtant, quoi, elle, une des guerrière les plus astucieuses, sagaces, perspicaces, avisées de la forêt, fuyait, traquée par un chien, bête imbécile s'il en était ? Le renversement de ce qui se devait d'être un ordre naturel, le chat chassant sa proie, n'était absolument pas à son goût.
Aussi, quand le chat gris, dont elle ne connaissait toujours pas le nom, bondit par derrière une palissade, Fleur d'Ajonc le suivit avec joie et presque reconnaissance. La course effrénée prenait fin, et loin des bruits confus qu'elle avait laissé plus avant, elle se trouvait devant un autre nid de bipède, particulièrement ressemblant au précédent. La guerrière ignora les mots de sa camarade -aurait-elle dû se laisser tripoter plus longtemps par un bipède ?-, et, usant des ressorts diaboliques de son observation, elle se permit une autre question : « Tu te repères bien dans ces dédales, et tu regardes les terres des bipèdes avec nostalgie. Es-tu une guerrière ou une créature domestiquée ? »

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Dernière édition par Fleur d'Ajonc le Lun 14 Juil - 12:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Drago dormiens nunquam titillandus ⎥pv Lune   Lun 14 Juil - 10:15

Le souffle toujours court et saccadé je regarde autour de moi une nouvelle fois, le regard plein de méfiance. On ne sait jamais sur quoi on peut tomber dans ses jardins identiques. Parfois on n'y trouve pas âme qui vive. De temps en temps on trouve des chiens comme dans le précédent et on peut même y trouver des chats domestiques belliqueux qui défendent chèrement leur territoire. Les guerriers ont beau penser que tous les chats de bipèdes sont des gros empotés certains ont des bonnes aptitudes au combat pouvant mener à mal un guerrier inexpérimenté. J'ai moi même, lorsque j'étais encore une chatte domestique, tâtée des griffes de certains de ces matous et je n'en garde pas un très bon souvenirs. Donc un en particulier qui avait failli me tuer alors que je venais d'être nommée novice. Heureusement Ombr... ce chat m'avait aidée. Enfin bref toutes ces histoires c'est du passé.. Un passé très lointain et assez enfouit. Secouant la tête pour enlever toutes ces pensée de mon esprit, je reporte mon attention sur la guerrière ennemi qui tout comme moi reprend son souffle.

« - Tu te repères bien dans ces dédales, et tu regardes les terres des bipèdes avec nostalgie. Es-tu une guerrière ou une créature domestiquée ? »

L'espace d'une demi-seconde, un laps de temps si court qu'elle n'a presque aucune chance de s'en rendre compte, la panique règne en moi et je me demande si mes sentiments sont tous aussi visibles que cela. Puis je me rassure en me disant que pendant des lunes j'ai réussi à dissimuler mes émotions à tout mon Clan alors faire semblant devant une simple guerrière sera un jeu d'enfant. Plongeant mon regard dans le sien, brusquement très sereine je prends le temps de chercher les mots. Je ne vais pas avouer c'est certains. Du peu que j'ai vu d'elle je n'obtiendrai que son mépris et une haine encore plus grande alors je m'en passerai volontiers. Je n'ai pas besoin que quelqu'un comme ça me déteste, sur un champ de bataille ça pourra toujours se retourner contre moi bien que je l'avoue, cette femelle ne m'inspire qu'une profonde antipathie pour le moment. Respirant profondément pour me calmer, je me rends compte que je ne suis presque plus essoufflée mais également que je n'ai pas rentré les griffes depuis notre course folle ce que je m'empresse de faire. Je laisse mes pensées vagabonder pour trouver comment lui répondre de manière intelligente tout en restant efficace et rapide. Finalement c'est seulement après quelques secondes que je lui réponds, tout en prenant la peine de m'asseoir sur l'herbe rase :

« - Comme tu as dû le sentir à moins que ton odorat ne te fasses défaut je suis une guerrière du Clan du Léopard. »

Assez satisfaite de ma réponse, je lui adresse un regard neutre et vide d'émotion. Je ne lui ai pas menti et ma réponse est tout de même un brin provocante histoire de lui faire voir que je ne vais pas me laisser marcher sur les pattes. Pour qui elle se prend quand même ? Ce n'est pas parce que madame vient du Clan du Lion que je vais la laisser se pavaner comme ça. Un peu amusée par moi même et par mes changements d'humeurs assez déconcertant je continue de dévisager le joli minois sans aucune imperfection de la chatte tricolore. Ca ne devrait pas exister un visage aussi joli. Enfin, vu la langue de vipère qui se cache derrière, merci bien je passe mon tour. Voulant éviter une nouvelle explosion de rage de la femelle en face de moi je reprends la parole sans jamais quitter son regard, m'y accrochant comme une mère à ses petits afin de pouvoir prévoir la moindre de ses intentions pacifistes pour pas...

« - Et toi ma chère, qui que tu sois, puis-je savoir ce qu'une guerrière du Clan du Lion vient faire sur ces terres ? Tu es bien loin de chez toi. »

| C'est franchement pas terrible. .w. |

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MessageSujet: Re: Drago dormiens nunquam titillandus ⎥pv Lune   Mer 30 Juil - 17:00


« Comme tu as dû le sentir à moins que ton odorat ne te fasse défaut je suis une guerrière du Clan du Léopard. »
Petit-chat-gris avait une voix à son image, doucement voluptueuse, feutrée comme sa fourrure de soie. Mensonge sous l'intonation qui se voulait convaincante. Fleur d'Ajonc ne décelait pas mieux ce que ses interlocuteurs lui dissimulaient qu'un autre ; elle savait seulement avant de poser sa question que la guerrière au pelage gris avait été chat domestique, et rien ne l'eût fait démordre de cette certitude. Il y avait eu quelque chose dans ce regard lancé sur le jardin qui sentait le déjà-vu redécouvert. Ajonc était tentée par l'idée de réitérer sa question sous une affirmation, mais c'eut été bien vil de sa part. Et la perfidie est un mets dont il ne faut pas abuser, sans quoi l'on s'en lasse ; or notre ami chat s'ennuyait vite. Aussi permit-il à petit-chat-gris — comment s'appelait-il ? — de lui retourner une énième fois sa question.
« Et toi ma chère, qui que tu sois, puis-je savoir ce qu'une guerrière du Clan du Lion vient faire sur ces terres ? Tu es bien loin de chez toi.
— J'ai pour nom Fleur d'Ajonc. »
Nom dont elle n'était pas peu fière ! Il n'était pas dépourvu de beauté, d'un charme mélodieux. Il n'y avait des ajoncs que sur les terres du Lion — preuve que son destin était lié à son clan. La multitude de leurs fleurs d'or ne retirait rien à leur attrait tout simple. Ce nom tout fleuri de poésie, elle chérissait l'entendre, elle aimait être ainsi hélée. Etoile d'Ajonc sonnerait moins bien, mais, qu'importait ! Elle ne cracherait pas sur la particule astrale.
Comme elle s'aperçut qu'elle ne répondait pas à la question de petit-gris — si semblable à la première qu'elle lui avait posée —, elle enchaîna.
« Ce que je fais ici ? Rien de plus suspect que ce que tu sembles y retrouver. Mes pas m'ont menée dans ces ruelles, faisant fi de ce qu'en penserait mon odorat, et négligeant les dangers qu'on y encourt. Mais peut-être l’aperçu de ces contrées humaines les compense-t-elle. J'entends par là qu'à vivre si loin des bipèdes, on en oublierait leur démence, et avec quelle facilité leur nombre leur permet de fonder des royaumes où périt la forêt ! Il est parfois bon de se rappeler que si leur bêtise dépasse notre entendement, leur puissance et les bêtes dont ils s'entourent nous ravalent aux rangs de proies. »
Car les bipèdes, c'était la peur secrète d'Ajonc. Seule menace qu'un chat ne comprend pas, et devant laquelle le clan des Etoiles lui-même tremblait. Qu'étaient-ils ? Que voulaient-ils ? Etaient-ils si inférieurement bêtes, ou au contraire si supérieurement intelligents qu'on ne saisissait pas le sens de leurs existences frénétiques ?
Interrogations sans réponse : autant se demander pourquoi le ciel était bleu, pourquoi la vie finissait par mourir, pourquoi l'animal avait meilleur goût que l'herbe ou l'arbre. Seulement, la couleur du ciel ne risquerait jamais de mettre en péril la forêt.


— Moi de même t.t On perd l'art du rp à force d'inactivité ! —

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MessageSujet: Re: Drago dormiens nunquam titillandus ⎥pv Lune   Lun 1 Sep - 19:41

« - J'ai pour nom Fleur d'Ajonc. »

Sa réponse est immédiate, un semblant tranchante et pourtant sa voix est pleine de fierté retenue. Je devine alors qu'elle aime son nom. Je connais cette fleur, l'ajonc. Elle a une belle couleur jaune, un peu comme les boutons d'or sauf que sa tige est hérissée d'épines sauvages qui se plantent dans la fourrure. Si on y pense bien ces plantes ressemblent à la guerrière qui possède donc un nom tout à fait adapter à son caractère. Elle est magnifique mais pleine d'épines. Toutefois les ajoncs sont rares et j'ai entendu dire que, dans cette forêt il ne poussait que sur le territoire du Clan du Lion. Pour ma part, j'en voyais quand j'étais chez les bipèdes. Ceux de la maison d'à côté en avaient un petit bosquet au fond de leur jardin. Je m'y étais approchée une fois et j'avais écopée d'une belle entaille à la truffe et je n'avais jamais recommencé. Enfin Fleur d'Ajoncs reprend :

« - Ce que je fais ici ? Rien de plus suspect que ce que tu sembles y retrouver. Mes pas m'ont menée dans ces ruelles, faisant fi de ce qu'en penserait mon odorat, et négligeant les dangers qu'on y encourt. Mais peut-être l’aperçu de ces contrées humaines les compense-t-elle. J'entends par là qu'à vivre si loin des bipèdes, on en oublierait leur démence, et avec quelle facilité leur nombre leur permet de fonder des royaumes où périt la forêt ! Il est parfois bon de se rappeler que si leur bêtise dépasse notre entendement, leur puissance et les bêtes dont ils s'entourent nous ravalent aux rangs de proies. »

Silencieuse je hoche la tête. Il est vrai que les bipèdes ne peuvent etre compris des chats de Clans. Je les connais un peu mieux pour avoir vécu avec eux l'espace de trois lunes à peine et si avant je les appréciais, j'ai maintenant appris à les craindre. Parce que, même si les bipèdes adorent leurs chats domestiques, ils n'ont aucune compassion pour les chats sauvages. S'ils pouvaient tous nous exterminer ils le feraient volontiers. J'ai changer de camp. J'ai quitté la ville pour retrouver la forêt où j'étais née. J'avais laissé derrière moi mes sentiments envers les bipèdes pour les troquer contre la peur et la haine.
Les dégâts qu'ils ont causé au Clan du Tigre montrent bien les genres de dégats que sont capables de causer les bipèdes. Avec leur monstres, ils sont capables de tout détruite, tout ce à quoi nous tenons. Et je ne peux pas tolérer qu'on fasse du mal à cette forêt qui m'est si chère. Me détendant un peu face à la guerrière qui semble un peu moins agressive, je reste tout de même sur mes gardes au cas où tout cela ne serait qu'une facade.

« - Il est vrai que les bipèdes pourraient tous nous anéantir sans faire le moindre effort avec leurs monstres. Et il faut bien oublier que, aussi puissant sont les Clans, nous ne sommes pas de taille à lutter face à eux. Je marque une pause, relevant le regard vers la guerrière. Au fait, je me nomme Caresse de Lune. »

| Du grand n'importe quoi... |

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