« Dans ce monde il y a des gens qui préfèrent la solitude, mais il n'y a personne au monde qui puisse la supporter. »
 
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 se réveiller à la fin de l'hiver. privé nuage illusoire

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MessageSujet: se réveiller à la fin de l'hiver. privé nuage illusoire   Mer 2 Mar - 19:58

se réveiller à la fin de l'hiver
pv. nuage illusoire


Ce matin, le silence est là. Présent, tout autour de nous, de lui. Ce silence qui oppresse, que fait ployer quelque chose d'invisible sur la forêt. Comme s'il n'attendait qu'un signe, au final. Un signe pour lui dire de s'activer et de de changer. De changer sa forme, puis son fond ; changer ce qui le constitue, ce qui le fonde. Ce qui fait de lui ce qu'il est en ce moment. Un silence qui reflète à la quasi perfection l'esprit brumeux qui m'accompagne depuis un bon moment déjà. Un silence brumeux et humide comme un pâle matin d'hiver, qui peine à se lever et à quitter la terre, ce qui l'a formé. Un spectacle que j'ai pris depuis bien longtemps l'habitude de contempler, de voir s'étendre. Parce que oui, il n'en reste pas inactif. Au contraire, sa masse se meut, trace son chemin, fait ses pas sur un sol intangible.
Ce matin, il n'y a pas que le silence qui enveloppe la forêt. La brume est, elle aussi, sortie de terre pour venir enfermer les arbres et leurs habitants dans son écrin blanc. Les cimes paraissent aussi lointaines que les étoiles qui brillent lors d'une nuit claire et noire. Tout est figé, prit dans une chose qui n'a pas de consistance mais qui pourtant, empêcher de bouger. Paradoxal.

Ma silhouette se détache peu à peu de l'horizon. Mon contour, on aurait pu croire qu'il était nimbé d'une lueur blanchâtre, peu avenante. Mais on voit de cela, que s'il ne s'agit que d'une œillade, un coup d’œil comme, sans intérêt, sans recherche. Le halo ne se dissipe que si le regard devient appuyé et assuré ; qu'il ne s'agit plus d'un simple mouvement de tête, et que le regard s'ancre. Et mon regard, justement, s'est ancré. Sur quelqu'un d'autre.

Je reviens de ma patrouille, ne ramenant guère de nouvelles, qu'elles fussent bonnes comme mauvaises. Les frontières n'ont pas bougées. Depuis que nous nous sommes occupés du marquage, il n'y a eu aucun débordement, aussi étrange que cela puisse paraître. J'aurai, au fond de moi, pensé qu'il y aurait eu une intrusion, au moins, que nous aurions détectée. Mais rien. Absolument rien. Et d'un côté, je ne m'en plains pas ; moins de choses à gérer, moins d'emmerdes. Congédiant d'un vague geste de la queue les quelques guerriers m'accompagnant, je traverse le camp d'une démarche nonchalante, lente. Mes muscles se délient. Mes griffes, doucement, rentrent dans mes pattes et je fais fi des petits morceaux de terre, humides, incrustés. Je verrai ça plus tard. Pour l'instant, mon objectif se situe en face de moi.

La tanière du guérisseur fut l'une des rares tanières à ne pas avoir été touchée par la venue des bipèdes dans le camp. Elle semblait juste un peu plus sauvage qu'à l'origine, et moins ordonnée. Mais la même ambiance s'en dégageait ; la même que celle d'avant, celle d'avant tous ces changements. Une odeur, piquante, effleure mes moustaches à mon arrivée. Et un petit sourire, aussi léger qu'un papillon, prend place sur mon visage.

Nuage Illusoire ? Es-tu là ? ” miaule-je, d'une voix calme. Que l'apprenti soit là ou non, n'est pas important en soi. Alors j'écarte du bout de mon museau les maigres feuillages qui cachent l'entrée et laisse mes pattes avant fouler la terre meuble de la tanière.

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MessageSujet: Re: se réveiller à la fin de l'hiver. privé nuage illusoire   Jeu 3 Mar - 1:38

se réveiller à la fin de l’hiver
Luny x Pinoux

Les oreilles inclinées, Nuage Illusoire était immobile dans sa tanière, regardant les remèdes en ordre devant lui. Il n’y arrivait pas. La reconstruction du camp était faite, du moins le pensait-il, il n’y prêtait pas attention. Il savait juste que son gîte avait été épargné par les Bipèdes. Pourquoi? Il ne trouvait pas de réponses qui en valaient la peine. Il ne savait pas quelle apparence son antre avait… son antre. Cela l’ébranlait. Nuage Illusoire parvenait à peine à réaliser que son mentor n’était plus. Pourquoi ? Les rares chats auxquels il s’attachait partaient. Toujours. Dans la mort, souvent. Pourquoi? Il secoua la tête, le regard vide parcourant l’antre du guérisseur. Les remèdes étaient en ordre, mais rien d’autre avait de l’autre. Son pelage était ébouriffé,  emmêlé, et il était encore plus famélique que d’habitude. Il n’y arrivait pas. Sans son mentor, il n’y arrivait pas. Nuage Illusoire inspira profondément et expira. Il ferma même les yeux, et tous les sentiments en lui tourbillonnaient. Il vacillait dans le vide de son âme. Il ouvrit de nouveau ses yeux, deux yeux différents, et il parcourut encore une fois sa tanière du regard. Il s’étira longuement, l’esprit empli de dix milles questions qui n’obtenaient point de réponses. Il secoua sa tête et prit une grande inspiration avant de s’approcher de ses remèdes. Il ne savait pas trop quoi faire actuellement, l’absence d’Étincelle de Lune ne lui allait absolument pas. Son mentor était un repère pour lui. Sans ses repères, il se sentait désorienté.

D’une patte fébrile, il tassa ses remèdes. Il regarda les plants sans savoir quoi faire. Il savait, il n’arrivait juste pas à se retrouver. Aucun calme ne régnait dans son esprit. Aucun calme ne régnait en lui tout simplement, ce qui n’était guère étonnant. Le vide ne lui laissait pas la possibilité de profiter d’une tranquillité d’esprit. Nuage Illusoire s’ébroua violemment et reporta son regard sur les remèdes devant lui. Il devait se reprendre, il devait se reprendre et oublier l’absence de ce repère, vivre sans. Comment? Il n’y arrivait pas. Le novice tigré tassa quelques feuilles brunies et ratatinées. Elles ne seraient plus efficaces, elles pourraient même empirer le cas du chat. Feuille de Bourrache. À administrer aux reines pour qu’elles aient suffisamment de lait pour nourir leurs chatons. Ou encore pour des chats ayant de la fièvre. Oui, la bourrache aidait pour la fièvre, pas uniquement pour les reines allaitant. Le novice guérisseur étouffa un baillement. Le sommeil n’était. pas son ami ces derniers temps. La respiration de son mentor n’était pas là, des habitudes chamboulées ne lui permettaient point de se reposer correctement. De ce fait, la fatigue faisait ployer les épaules du mâle sous poids, mais ce dernier luttait. Il n’était pas le plus fort et ne cherchait pas non plus, mais quelque part, il ne voulait pas décevoir Étincelle de Lune. Alors il devait… oui, il devait s’atteler à la tâche et trier le tout. Mais comment ferait-il? Il n’était pas apte à être guérisseur ! Il ne voulait même pas changer de nom ! Il espérait que la guérisseuse revienne… mais elle était morte. Elle ne pouvait pas revenir.

Nuage Illusoire tassa un brin d’herbe qui n’avait rien à faire dans sa réserve et reprit son inspection. Il manquait cruellement d’herbe à chat et ce fut dur d’admettre qu’une partie de ces herbes devait être enterrée. C’était un atout de taille lors des épidémies. Et le novice craignait une prochaine épiémie, avec les temps actuels. Sa patte mit dans la pile à jeter quelques pâquerettes. Dommage pour les anciens et leurs articulations. Il fut toutefois ravi de ne pas devoir jeter de millefeuille, c’était toujours pratique pour éviter les empoisonnements. Il s’empêcha d’arrêter. Il devait être à la hauteur, il cessera d’être l’illusion de ses frères… peu importe, il était devenu une illusion lui-même. Son nom lui avait déterminé son destin. Il prit dans sa gueule les plants et les installa plus loin, prêt de la mousse souillée. Le novice guérisseur retourna au tri de ses plantes après. Quelle était cette plante…? Ah ! Du persil. Utilisé pour les reines dont les petits sont morts trop jeunes afin d’empêcher les montées de lait. Il ne se souvint pas du nom de plusieurs plants qu’il mit de côté. Écorce de saule. Il ne se souvint pas de son utilité. Chevrefeuille, son utilisation lui échappait également. Grande Camomille, pratique pour contrer la fièvre. Graine de pavot, antidouleur et somnifère. Sa mémoire retenait beaucoup. Il avait assez de graines de pavot et de feuilles de soucis, de même pour les toiles d’araignées. Il releva la tête quand la voix du lieutenant empli l’espace. Pourquoi Souffle Matinal venait-il? Nuage Illusoire se leva machinalement et se dirigea vers l’entrée du gîte, son regard terne et épuisé.

“ Je suis là. Tu es blessé?”

Ce n’était pas le temps que le lieutenant se blesse. La voix du félin avait tranché l’air, froide comme la glace et sèche également.
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MessageSujet: Re: se réveiller à la fin de l'hiver. privé nuage illusoire   Mar 22 Mar - 18:03

Et comme je l'avais pensé quelques instants auparavant, la tanière du guérisseur n'a pas bougé d'une griffe. Tout y est comme avant ; comme auparavant. Et c'est peut-être ce sentiment-là qui me fait m'arrêter. Je viens de faire mes premiers pas dans ce lieu presque mythique, et des souvenirs rejaillissent de ma mémoire, comme stimulés par ces odeurs si particulières. D'une fois où j'étais venu ici, encore apprenti, me faire retirer une écharde méchamment plantée dans l'un de mes coussinets. D'une autre fois, lorsque j'étais rentré d'une patrouille qui avait – un peu – mal tourné à cause d'une rencontre fortuite avec un autre clan. D'une autre fois encore, où l'âge de raison n'était pas encore mien, où la vie s'écoulait avec l'insouciance d'un chaton et que je comprenais pas tout ce qu'il se passait autour de moi. Et que j'étais venu voir le guérisseur de l'époque – je ne me souviens plus de son nom – miaulant presque gaiement que ma petite sœur était toute étrange. Avec toutes ses réminiscences, je n'entends pas le voix de Nuage Illusoire, qui me répond du fond de la tanière. Je n'entends que mes miaulements, mes petits cris, mes grognements de douleur. Et cela me semble si réel, comme si je le revivais encore une fois, que mon moment d'inattention s'étire et devient de plus en plus long. Le silence règne. Le matin règne. La brume est là, au dehors. Mais elle ne passe pas le rideau qui protège la tanière. Et lorsque enfin je reviens à moi, il n'y a plus rien;les bruissements que faisait Nuage Illusoire avant ont disparu et c'est lui qui me regarde.

Et ce regard, il n'est celui que l'on pourrait attendre d'un apprenti-guérisseur. Telle est la première pensée, concrète et solide, qui me traverse l'esprit. Mais elle repart aussi vite qu'elle est venue, parce qu'elle n'a rien à faire ici, dans cet espace. Le temps de la peur est passé, de même que celui du frisson n'est plus admis. Mais lorsque je rencontre ses yeux, je me rends compte que ce n'est pas tout-à-fait le cas. Les choses ne vont pas aussi vite que nous l'espérions. Le temps ne nous accorde pas de repos suffisamment long pour nous permettre de nous remettre. Si les corps paraissent en bonne santé, alors quant-est-il de l'esprit ? Car c'est peut-être celui qui est, le plus souvent, caché et inaccessible. Et c'est celui qui souffre le plus et qui guérit le moins vite. Chacun de nous à garder des séquelles, chacun à son propre traumatisme. Et tandis que je me perds – une fois n'est pas coutume – dans mes pensées, ses yeux continuent de me fixer, sans prononcer aucune parole.

Je me râcle la gorge, laissant à l'apprenti le soin de voir si oui ou non j'ai besoin de ses soins. À part la petite écharde enfoncée dans un de mes coussinets, mon corps ne réclame rien qui soit soigné ou retiré. Seules dans ma tête tourne les paroles de mon chef, qui m'avait demandé un peu plus tôt dans la journée de vérifier si nos réserves d'herbes médicinales sont au maximum de leur capacité. Car malgré la saison des neiges passée et le début de celle des feuilles nouvelles, la vigilance est toujours de mise. “ Non, ne t'inquiètes pas. Je ne suis pas venu pour ça. ” J'accompagne ma phrase d'un petit mouvement de tête envers Nuage Illusoire pour qu'il se sente un minimum rassuré. Je n'ai pas souvent eu l'occasion de venir auprès de lui, bien que cela fasse déjà un bout de temps qu'il est devenu apprenti-guérisseur. Je ne me soucie jamais de ce que j'inspire aux autres, pas plus que j'y fais attention. Mais il m'arrive parfois de vouloir mettre en confiance lorsque la situation l'exige. Et lorsque je le regarde, c'est l'impression que j'ai. Ne pas l'effrayer, même s'il ne l'est pas. Faire attention aux autres, pour une fois.

Etoile de Cendres m'a demandé de voir où en était l'état de tes réserves. Je sais que depuis le décès d'Etincelle de Lune, tu as perdu ton mentor … Et ce n'est en rien simple. ” Je lève les yeux vers les rangées d'herbes médicinales. Certaines ont l'air en bon état, tandis que d'autres semblent déjà plus pâles, et chiffonnées. “ Dis-moi simplement ce qu'il en est.

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MessageSujet: Re: se réveiller à la fin de l'hiver. privé nuage illusoire   Sam 16 Avr - 1:01

se réveiller à la fin de l’hiver
Luny x Pinoux

Des plantes. Voilà ce qui demeurait dans sa tête. Des plantes. Parce qu’il en manquait et que Nuage Illusoire ne voyait pas comment poursuivre avec des plantes qui manquaient, surtout que peut-être le lieutenant en avait de besoin. Et si le lieutenant était blessé et que lui, apprenti-guérisseur, n’avait pas les plantes nécessaires pour le soigner ? Ce ne pouvait pas être ça, ce ne pouvait pas être le cas. Il espérait même que ce ne soit pas ça, parce que c’était catastrophique lorsque des guerriers se blessaient et qu’il n’avait pas les plantes… ce serait catastrophique si un chat venait à se blesser sans qu’il ne puisse le soigner adéquatement parce qu’il aurait oublié comment faire. Ça le faisait presque paniquer. Presque.

Son mentor n’était plus là pour le seconder, pour lui dire quoi faire, quelle plante utilisée, pour lui rappeler les effets des plantes, alors comment faire pour se souvenir quand même les étoiles ne semblaient pas désirer lui venir en aide ? Son mentor n’était plus là et sans son mentor, le novice avait l’impression que tout tombait autour de lui, que tout s’évanouissait, que tout s’en allait et que ses repères n’étaient plus qu’éphémères. Il ne voulait pas ça, il ne voulait pas que ses repères soient éphémères et disparaissent, mais c’était le cas : ils avaient disparu. Nuage Illusoire ne le supportait pas, la panique menaçait de faire exploser son cœur, sa poitrine, menaçait de perturber éternellement son sommeil, mais ce n’était pas nouveau ça. Ce vide de ressentiment mêlé d’une façon inexplicable à tous les ressentiments du monde, il basculait presque. Son regard fixait toujours le lieutenant, comme dans l’attente d’une sentence qui expliquerait que le voile d’indifférence demeure sur ses épaules, comme dans l’attente d’une sentence qui légitimerait les ressentiments secrets du novice.

Mais la sentence qui tomba n’était pas celle qui précipiterait le novice dans le vide. Non, elle était celle qui lui disait que tout n’était pas perdu, même s’il n’y croyait pas, même si pour lui le monde était entièrement noir, et que le blanc n’était pas là, pas présent. Non, le lieutenant n’était pas malade. Il ne s’était pas engouffré dans la tanière d’un apprenti totalement désorienté pour se faire soigner. Tant mieux. Tant mieux parce que Nuage Illusoire ne parvenait pas à se souvenir de la majorité des propriétés. Il n’était pas assez calme, il lui faudrait aller le rechercher, il faudrait qu’il s’éloigne du camp, qu’il s’éloigne des souvenirs, mais ce n’était pas possible. Non, ce n’était pas possible au plus grand malheur du félin qui n’était rien d’autre qu’une illusion de vie, avec sa silhouette famélique et l’absence de faim. Nuage Illusoire observait toujours Souffle Matinal. Il ne bougeait pas. Son regard était froid. Son regard n’exprimait aucun ressentiment, il n’y avait qu’un abîme profond dans lequel on pouvait se noyer, un abîme qui plongeait directement dans un gouffre de sentiments, d’émotions, parce qu’à trop ressentir on ne ressent plus.

Le lieutenant était là. Il lui expliquait la situation. Il lui expliquait qu’Étoile de Cèdre voulait voir ce qu’il en était. Mais Nuage Illusoire ne voulait pas qu’on cherche à savoir l’état des remèdes parce qu’il n’était pas prêt. Non. Il n’était pas prêt à ce que les autres agissent comme s’il était d’office le nouveau guérisseur, comme si on pouvait effacer son mentor comme ça. La mort arrivait toujours, c’était ce qu’on lui dirait, la mort arrive toujours et à n’importe qui, c’est le lot des chats de Clans, mais lui, il ne voulait pas. Il ne voulait pas que ce soit le cycle de la vie, il ne pouvait même pas le concevoir, il ne voulait juste pas. Son regard demeurait fixe, alors qu’il recula légèrement. Quelque chose n’allait pas. Quelque chose n’irait jamais. Était-ce la perte de son mentor, de son repère ? Était-ce ce vide, comme si tout passait au-dessus de lui sans jamais l’atteindre ? Était-ce juste lui ? Il ne le savait pas. Comment le savoir ? Sa gorge semblait nouée, son regard semblait torturé. Il jeta un coup d’œil sur sa réserve de plantes. Il se crispa quand Souffle Matinal parla de son mentor.

« Il nous manque beaucoup de remèdes. Je n’ai rien que des plantes pour les petites infections et les blessures mineures. Rien pour soigner le mal vert ou blanc, et dans le cas d’une épidémie, nous sommes foutus. »

Sa voix était froide, comme détachée du monde. On aurait dit que le novice ne se sentait absolument pas touché par les paroles que son discours imposait dans l’esprit du guérisseur. On aurait dit que ce n’était pas sa vie, pas son monde, pas son univers et que ça ne le serait jamais, alors que ce l’était et que Nuage Illusoire était sans doute dans les premières cibles de la maladie au vue de son état corporel déplorant. Il s’en fichait, au final, il s’en fichait comme il se fichait de tant de choses.


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